Les cartels de la région n’ont pas réussi à renverser les majorités, à Gerpinnes - Fontaine-l’Evêque - Fleurus.


C’est peu de dire que la stratégie des cartels n’a pas bien fonctionné en région de Charleroi.

Trois projets ont vu le jour pour renverser des majorités en place : à Fleurus, le MR s’est associé aux Ecolos et au CDH pour faire vaciller un PS historiquement établi. Les conditions idéales semblaient réunies pour relever le pari : le départ du bourgmestre Jean-Luc Borremans et l’arrivée d’une nouvelle génération de mandataires. Mais aussi, l’absence de certains candidats faiseurs de voix comme le député fédéral et président du CPAS sortant Olivier Henry. Les résultats électoraux ne sont pas convaincants : le cartel ne l’emporte en effet que d’une poignée de voix, insuffisante pour inverser le rapport de force. Du coup, les deux partenaires sont au coude à coude à douze sièges contre douze. Entre eux, trois sièges dont deux peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, celle de la liste Défi. C’est un peu le scénario catastrophe qui se présente, puisqu’il faut lâcher du lest et ouvrir la porte à une belle-mère dont on n’avait pas spécialement besoin.

À Gerpinnes, l’opération cartel a tourné à la catastrophe pour le MR, Ecolo et le PS qui pensaient envoyer le CDH de Philippe Busine dans l’opposition communale. Là où la liste Horizons pensait gagner arithmétiquement la majorité des sièges, les résultats électoraux sont venus tout balayer : au bout du compte, les alliés se retrouvent en effet en minorité, avec 10 élus sur 23. Le CDH qui devait être déforcé est paradoxalement plus solide que six années plus tôt où le scrutin ne lui avait donné que 12 conseillers, dont un allait quitter le groupe pour siéger comme indépendant.

Un nouvel échec de stratégie qui s’est aussi confirmé à Fontaine l’Évêque où le cartel MR-Ecolo-CDH et le PS ont terminé à égalité face à une troisième liste imprévisible : l’Union des Bourgmestres portée à la fois par Philippe Seghin qui avait ceint l’écharpe de 2006 à 2012 à la tête d’un cartel, et par Noël Van Kerckhoven, maïeur actuel élu sur une liste PS… et exclu du parti cet été après sa "trahison". Là encore, la tentative de renversement a capoté : les adversaires ont été condamnés à s’entendre pour ne pas ouvrir la porte aux bourgmestres transfuges. Ils se sont partagé les mandats et les compétences au collège. Le maïorat sera PS et la présidence du CPAS MR. Un compromis qui les oblige à vivre ensemble jusqu’en 2024… pour le meilleur et pour le pire.