L’extension de la zone d’activités économiques a coûté plus de 9 millions d’euros.

Seize ans ! Les entrepreneurs et représentants du pouvoir local ont dû attendre seize ans avant de voir l’extension du parc d’activités économiques de Baileux devenir réalité. La première partie du zoning est saturée depuis bien longtemps. Igretec qui a repris le dossier en 2005, suite à la disparition d’Intersud, a pu faire aboutir le dossier.

Aujourd’hui, ce sont trente hectares vides qui attendent les futurs investisseurs sur un terrain situé à deux pas de la frontière française. Les travaux d’aménagement auront duré deux ans. "Les enjeux économiques sont importants pour la région du sud Hainaut et du sud Namurois" , a tenu à rappeler Françoise Fassiaux (PS), bourgmestre de Chimay lors de l’inauguration de l’extension. "Il en va de notre survie et de celle des générations futures."

Les attentes sont énormes autour de ce parc d’activités économiques étendu qui est le plus important au sud de Charleroi. Igretec espère attirer une trentaine de nouvelles PME et créer 300 emplois supplémentaires. L’investissement est à la hauteur de l’enjeu puisque l’extension a coûté 9.338.396 €, dont 6.872.813 € versés par la Région wallonne via le Plan Marshall.

Hier, le premier compromis de vente a été signé entre Igretec et la société Chimay Tradition pour un terrain d’1,2 hectare. "Chimay Tradition fabrique de la charcuterie. La société, en proie à des difficultés financières, a été reprise en 2013 par le Q group, un holding familial spécialisé dans la livraison de viande" , indique Luc Verhulst, directeur général de la société. "Lors de la reprise, Chimay Tradition produisait 550 tonnes de charcuterie par an. En 2016, nous sommes à 800 tonnes."

L’achat d’un terrain sur le zoning de Baileux permettra à l’entreprise de construire un nouveau bâtiment industriel de 3.000 m². À terme, entre 10 et 15 emplois supplémentaires devraient s’ajouter aux 15 existants. Quant aux installations actuelles de Chimay Tradition, elles seront vendues à la brasserie de Chimay qui cherche une extension sur la partie plus ancienne du zoning.

Cette première signature devrait être suivie de nombreuses autres. Une large promotion est désormais programmée vers les communes, le groupement des entreprises du sud Entre-Sambre-et-Meuse et le nord de la France.

Les nouvelles techniques arrivent

Claude de Fauconval fabriquera des objets en composite sur le zoning

Il suit l’évolution de l’extension de la zone d’activités économiques de Baileux avec beaucoup d’attention depuis des mois. Claude de Fauconval veut y implanter sa nouvelle société Crea Dur Entreprises le plus rapidement possible. Il proposera un procédé de fabrication innovant à base de composite. "C’est un composé de fibres et de résine. Cette matière a l’avantage d’être très légère et très résistante" , explique Claude de Fauconval. Il fera également arriver de nouvelles techniques dans la Botte du Hainaut.

Il a besoin d’un terrain de minimum 1,2 hectare pour construire son usine. "Il y aura un atelier de 4.000 m² et un espace de 3.500 m² pour le stockage des matières premières et des produits finis." L’entrepreneur de 74 ans veut mettre sur le marché une trentaine d’objets en composite : chaises, tables, escabelles. Mais aussi utiliser cette matière pour construire l’ossature de bâtiments. Par ailleurs, il fera appel à la main d’œuvre wallonne puisqu’il fera fabriquer ses machines en Wallonie.

Lorsqu’il a découvert les potentialités du site de Baileux, il a tout de suite été séduit. Très motivé, il espère débuter son activité d’ici quatre mois. La procédure risque néanmoins d’être un peu plus longue entre la demande et l’octroi du permis d’urbanisme, la réalisation des travaux et l’ouverture.

Cependant, la création de Crea Dur devrait lui permettre de proposer dix emplois aux jeunes de la région. "J’aurai besoin de 4 ou 5 personnes dans l’atelier, de 2 ou 3 dans les bureaux et d’un représentant commercial qui sillonnera les routes du pays. Des premiers contacts ont déjà été pris avec les écoles de la région qui forment dans ce secteur d’activités."

L’investissement, lui, devrait tourner autour de 750.000 €.