Charleroi Facture salée pour les bisous m’chou de Charleroi expo.

Cent mille euros, soit le budget annuel d’acquisition d’œuvres d’art de Charleroi : c’est le montant que la ville a déboursé pour les deux fresques géantes du palais des Expos, signées par des stars du street art.

Impossible d’entrer sur le petit ring en provenance de l’A54 sans les voir : Bisous m’chou, de l’Américain Steve Powers, s’affiche en lettres géantes sur la façade latérale du hall 2, côté rue de l’Ancre. C’est un clin d’œil malicieux à la chaleur des Carolos.

À l’origine, l’artiste spécialiste des messages picto-typographiques devait réaliser un autre projet. "Lors de son séjour à Charleroi, la sonorité de l’expression qu’il a entendue dans la rue lui a plu", confie Pierre-Olivier Rollin, le directeur du BPS 22 en charge du volet "arts visuels" de la biennale Asphalte. "Quand on la lui a traduite, il a décidé d’en faire son message."

Quant à la composition arc- en-ciel et psychédélique de Maya Hayuk, elle met des couleurs sur les volumes de la géode voisine, côté parking. Mais dans la demande de permis déposée auprès du fonctionnaire délégué, il était prévu qu’elle soit réalisée côté ville, sur l’avenue de l’Europe.

La force d’une œuvre d’art, son intérêt et sa beauté sont des notions forcément subjectives, même s’il existe un marché qui fixe leurs prix. Dans ces conditions, l’investissement risque de faire débat. C’est le conseil communal qui l’a approuvé. "Comme il s’agit d’artistes internationaux rarement montrés en Belgique, la présence de leurs œuvres est de nature à renforcer l’attractivité touristique", mentionne la délibération.

Une demande de subvention a été introduite auprès du Commissariat général au tourisme. L’objectif est d’obtenir une subvention de 50.000 euros. C’est dans le cadre de la première biennale Asphalte que Steve Powers et Maya Hayuk ont été invités à intervenir.

Leur travail s’inscrit dans le volet officiel de ce festival d’arts urbains, auquel participent une demi-douzaine d’autres grands noms du street art. Avant les volets off et pirate de l’événement, dans les semaines à venir. Parmi les œuvres, certaines ne seront que temporaires.

Pour celles qui ne le sont pas, des demandes de permis avaient été introduites auprès du fonctionnaire délégué de l’Urbanisme. Celui-ci vient de faire savoir qu’il ne les délivrerait pas. "Les demandes sont sans objet", motive-t-il. "En effet, la législation porte sur des transformations modifiant l’aspect architectural d’un bâtiment, elle ne vise pas les œuvres d’art." Il n’y aura donc aucune autorisation.