Deux fois par semaine, Jonathan De Cesare rejoint l’ancien siège de l’OTAN à Bruxelles. C’est là qu’a été aménagée la salle exceptionnelle du procès du volet belge des attentats de Paris.

Comme bien d’autres salles de cour d’assises, elle n’est pas accessible aux photographes de presse pendant les audiences. La seule façon de ressentir l’ambiance si particulière de ce procès, par l’image, c’est via le coup de crayon de Jonathan.

Ou plutôt le coup de crayon numérique : "Je dessine sur Ipad, sur tablette numérique. C’est important pour les médias d’avoir rapidement le dessin pour publier sur les sites et dans les journaux." Jonathan ne peut pas utiliser d’appareil photo dans la salle d’audience. Impossible donc de dessiner sur papier puis de photographier son travail pour l’envoyer à l’agence Belga, qui le diffusera ensuite à tous ses médias clients. D’où l’usage d’une tablette numérique. "Malgré tout, ça reste du vrai dessin, je dessine comme sur papier, comme sur un vrai carnet de croquis." 

© Belga/De Cesare

Lors des audiences, Jonathan se trouve dans le fond de la salle, à plusieurs mètres des prévenus. Cela ne l’empêche pas de croquer leurs visages, leurs émotions. "C’est un exercice assez compliqué pour capter le moment, parce que je suis loin."

Sur une matinée d’audience, il envoie cinq dessins à l’agence. Le dessinateur doit aussi réagir en journaliste, saisir le moment, ce qu’il perçoit mais surtout ne pas se laisser submerger par l’émotion. Même si le dessin de presse, contrairement à la photo, est une interprétation de la réalité.

Un coup de crayon qui permet au grand public d’assister par l’image aux audiences de ce procès hors normes, presque comme s’il y était.