Les services juridiques de la ville sont en train d’étudier la faisabilité du dossier.

En s’aventurant sur le chemin cahoteux du sentier de l’Épée à Jumet, où l’ancienne plaine de jeux communale s’est transformée en dépotoir à ciel ouvert, il est difficile de s’imaginer que le quartier pourrait accueillir un jour une infrastructure sportive de haut niveau. Avec des équipements à la pointe comme en rêvent tous les clubs.

Au conseil communal, la réponse du bourgmestre Paul Magnette à une interpellation du CDH Mohamed Kadim a commencé à donner corps au projet. Des discussions sont en cours entre la Ville et le Sporting. L’idée, c’est d’autoriser le club à aménager là-bas son centre de formation des élites, digne de ceux qui existent au Standard et à Anderlecht, et de conforter sa place dans la cour des grands clubs de D1.

La plaine de jeux de l’Épée est à l’abandon depuis des années : les installations ont été pillées, squattées, des inciviques viennent y déposer leurs encombrants. Comme le site se trouve à côté des infrastructures de Jumet Sport et du Spirou basket jeunes, sa localisation près de l’A54 en fait un maître choix. La vocation d’un centre de formation et de perfectionnement, c’est à la fois d’optimaliser la préparation des professionnels et de mettre les jeunes au top de leur condition pour intégrer un championnat adulte.

Selon le bourgmestre, les besoins en équipement sont connus : il s’agit de quatre terrains aux dimensions internationales, soit 68 mètres sur 105, d’un parcours jogging santé, d’un bâtiment pour l’accueil, les cours, les vestiaires, le mess, d’un bloc pour les supporters, d’un centre de détente et d’exercices physiques avec des locaux médico-sociaux et enfin d’un parking. "L’opération est une aubaine pour le quartier et pour la ville", indique Magnette. "Elle permet à la fois d’éradiquer un chancre et de réintroduire de l’animation sociale."

Pour l’heure, les services juridiques étudient le dossier : quelle serait dans ce cadre la meilleure formule pour une mise à disposition de la propriété, quels principes en régiraient l’accès à différents opérateurs sportifs ? Tout cela doit être clarifié.

Au-delà de la volonté politique, un imposant travail administratif attend les porteurs du projet : il faut chiffrer les coûts, trouver des moyens de financement publics et privés, obtenir le permis. Les investissements seront à charge du club au-delà des subsides régionaux qui s’élèvent à 60 % pour des projets supérieurs à 1,5 million d’euros.