Le sentier du Laury divise le conseil communal

NALINNES Les débats s’annoncent houleux, ce jeudi soir, au château communal de Ham-sur-Heure/Nalinnes, où doit se tenir le conseil communal. En cause : le projet de déplacement du sentier du Laury, qui traverse une propriété privée dans la vallée de Jamioulx. Depuis des temps immémoriaux, ce passage en servitude publique est emprunté par des promeneurs et des sportifs.

Balisé comme itinéraire de grande randonnée, il constitue le seul axe de liaison vers Beignée en bordure de l’Eau d’Heure. Dans un permis d’urbanisme qu’elle a accordé en juillet, la majorité MR-CDH en a inscrit la suppression au profit d’un nouvelle servitude de l’autre côté de la rivière, avec la construction d’une passerelle pour pouvoir y accéder.

Le bourgmestre, Yves Binon, le dit et le répète : ces travaux ne priveront pas la commune de l’accès dont elle dispose actuellement. Au contraire, l’alternative apporte une plus value. L’aménagement sera entièrement pris en charge par le nouveau propriétaire de la ferme du laury, en cours de reconstruction. 

Ce qui chiffonne le groupe Cap communal et ses représentants au conseil communal - Gian-Marco Rignanese (Écolo) et Isabelle Druite (PS) -, c’est “d’abord la façon dont la majorité MR-CDH a soustrait ce projet aux procédures d’information”. Selon eux, “cette modification est venue compléter discrètement le permis, après coup”.

Déni de démocratie ? C’est ce que laisse entendre le groupe d’opposition, qui évoque l’existence d’un courriel pour le moins ambigu. Selon Yves Escoyez, l’avocat du promoteur privé y propose au bourgmestre une motivation pour justifier le permis, ce qu’Yves Binon dément et qualifie la manœuvre d’électoraliste.

Binon insiste d’ailleurs sur l’absence de recours dans le cadre de cette affaire : ni le fonctionnaire délégué de l’Urbanisme, ni les opposants n’ont jugé utile d’en introduire un. Affaire classée ?

Pas encore. Au conseil, les conseillers PS et Écolo vont défendre le projet d’acquérir le sentier par l’application de la prescription acquisitive, ce qui ne coûte pas un euro à la collectivité. De son côté, la majorité MR-CDH confirmera sa volonté de ne jamais fermer la servitude. Pour elle, le projet proposé rencontre cette volonté. Ambiance.



© La Dernière Heure 2012