Ce dimanche, il régnait une ambiance toute particulière au bar à vins Saka 20 à Marchienne-au-Pont. Pour la deuxième fois en un an, Philippe Genion le patron, accueillait ses clients pour "un dernier verre pour la route" avant une fermeture d'au moins un mois.

Bien connu pour ne pas avoir sa langue en poche, Philippe regrette que ce soit le secteur de l'horeca qui est à nouveau visé par des mesures strictes aux conséquences terribles. "Je sais que je ne suis pas le seul dans cette situation. Nous avons eu d'énormes contraintes auxquelles nous nous sommes adaptés. La première fermeture a été terrible et même si les gens ressortaient un peu, certains étaient paniqués. Dans un restaurant, j'ai toujours eu du mal à penser que les gens d'une table peuvent contaminer les gens de la table d'à côté. Une fois à table, on ne s'adresse en général qu'aux personnes en face ou juste à côté, en somme à une personne qui fait déjà partie d'une certaine bulle. La distance d'1m50 entre les tables est déjà une forte mesure en soi. Tous les restaurants ont été bien d'accord d'investir dans des panneaux en plexi, des gels ou encore des nouveaux menus électroniques. Ensuite venir taper sur cette corporation qui a exécuté tout très précisément, c'est particulièrement injuste."

Philippe Genion ne donne pas qu'un avis critique sur la situation. Sans prétention, il confie que d'autres solutions auraient pu être envisagées. "Ok, on peut dire couvre feu à 21h pour les personnes dont la présence en rue n'est pas nécessaire. Ceci pourrait être également le moyen de contrôler entre autres les dealers ou quelqu'un qui s'apprête à commettre un délit comme voler le sac d'une vielle dame. Suivant cette logique, elle ne devrait pas non plus se trouver dehors. Évidement, si on a une raison valable c'est autre chose. Par exemple si on est allé au cinéma, le ticket peut prouver qu'on est entrain de retourner chez soi. Il y a l'heure de la séance et l'estimation du temps de trajet pour le retour. Il en est de même pour les restaurants, avec le ticket qui peut servir de laisser passer on peut prouver où on était et qu'on est entrain de rentrer."

Les contrôles aussi sont pointés du doigt. Philippe constate que s'il y avait des contrôles comme annoncé, les décisions auraient pu être tout autre pour ce secteur déjà bien à l'agonie.

Pour la suite, le responsable du bar s'attend à ce que certains de ses confrères ne se relèvent pas de cette nouvelle crise. "Il est important que l'on place la vie et la santé avant toute chose mais la santé mentale doit aussi être prise en compte. Combien ne vont pas penser à en finir ne voyant pas d'autres solutions ?"

Malgré ce constat, Philippe tenait a accueillir une dernière fois des clients/amis ce week-end pour ce qu'il espère n'être qu'un au revoir d'un mois. Pour poursuivre une certaine activité commerciale, l'auteur/sommelier/ grande gueule proposera de passer commande comme il l'avait fait lors du premier arrêt. Même s'il est connu pour être un amuseur, Philippe se confie une dernière fois avant de faire rire à nouveau les clients. "La première semaine, il faut réaliser, après, je ne cache pas que c'est dur, j'ai déjà versé une larme en en me demandant ce qui se passait."

Regrettant les décisions prises sans grande cohérence ni concertations, l'équipe de Saka 20 ne perd pas son sourire en attendant des retrouvailles toujours hautes en couleurs.