C’est à cause d’une dénonciation du voisinage pour une suspicion de maltraitances sur les trois chiens de Francine (prénom d’emprunt) que cette dernière a reçu la visite, à plusieurs reprises, d’agents de la SPA, dont Christophe. Les 6, 10 et 11 février 2020, le prévenu s’est rendu au domicile de Francine pour vérifier le bien-être des animaux. Pour le parquet, lors de la troisième visite, Christophe a déjà adopté une drôle d’attitude. "La victime le dit qu’il a eu une attitude malsaine en lui posant des questions sur sa vie privée. Il lui a également demandé si elle n’était pas en manque, etc.", précise le substitut Bouilliez. Me Allatta, partie civile, ajoute de son côté que le prévenu a tenté d’embrasser la victime avant de quitter les lieux pour revenir le 14 février.

Ce jour-là, vers 9 h 30 du matin, c’est une femme paniquée qui fait appel à la pharmacienne. "Elle lui a demandé une pilule du lendemain. Elle était paniquée, apeurée et tremblait quand elle s’est rendue sur place. La pharmacienne a alors fait appel à une assistante du planning familial. Cette dernière a constaté le même état auprès de ma cliente." Un peu avant ces démarches, Francine dit avoir été saisie à la gorge par le prévenu, dès qu’elle a ouvert la porte, et emmenée dans le canapé où le viol a été commis.

De l’autre côté, c’est sans surprise une tout autre version des faits qui est évoquée. Selon Christophe, c’est Francine qui lui aurait sauté dessus. "On s’est embrassé. Elle est allée chercher des préservatifs à l’étage, mais un était ouvert et la boîte était vide. On a eu une relation consentie dans le canapé. Je n’ai pas su contrôler le bien-être des chiens."

Alors qu’il doit nécessairement être accompagné par un(e) collègue lors des contrôles, Christophe s’est rendu seul dans la maison. D’après lui, il s’agissait d’une demande de la victime. "Elle m’avait dit qu’elle ne laisserait pas entrer la stagiaire chez elle parce qu’elle avait visiblement eu des soucis avec elle par le passé."

Le substitut Bouilliez considère qu’il y a bel et bien eu viol ce jour-là. Et Christophe a fait usage de sa fonction d’inspecteur pour parvenir à ses fins. "Il a fait croire à la victime qu’il était en mesure de saisir les chiens. Ce qui n’est pas le cas. La victime, décrite comme fragile et influençable, s’est laissé duper." Une lourde peine de 6 ans de prison est requise.

Me Napoli plaide avec conviction un acquittement pour son client, désormais impliqué dans une vie professionnelle totalement différente. L’avocat carolo a insisté sur le comportement interpellant de la victime. "Le 11 février, elle a été victime d’une prétendue agression sexuelle. Pourquoi alors n’a-t-elle pas appelé la SPA pour demander à avoir un autre agent et pourquoi ne demande-t-elle pas à une autre personne, une connaissance, d’être présent à ses côtés le 14 février ? Et pourquoi a-t-elle pris contact avec le prévenu le 11 février si elle venait d’être victime d’une agression ?"

Jugement pour mi-septembre.