En 20 ans de carrière, le substitut Vervaeren est pour la première fois amené à évoquer, ce vendredi matin, un dossier avec 20 victimes connues. Ces victimes sont des enfants, uniquement des petits garçons, qui ont, durant leur scolarité, croisé la route de Philippe, instituteur dans une école carolo depuis 1988.

L’instituteur, en qui tout le monde avait aveuglément confiance vu son rôle pédagogique, s’est comporté comme "un prédateur opportuniste", comme l’a décrit une des parties civiles.

"Tu ne me croiras même pas, maman"

Ce vendredi matin, le parquet et les avocats du côté des nombreuses parties civiles n’ont pas manqué de saluer le courage d’une des victimes de Philippe.

Le 13 octobre 2020, le petit garçon balance les actes sexuels commis par son instituteur depuis deux ans à sa maman, après avoir été sanctionné pour avoir dit "école de merde". "Sur le chemin du retour, la mère du petit a été interloquée par son comportement. Il se mordait la main, à sang, et était énervé dans la voiture. Quand elle a cherché à savoir ce qu’il se passait, il lui a dit « si je te dis la vérité, tu ne me croiras même pas »", confie Me Bastianelli, avocat de la mère de famille.

Cette dernière tombe des nues, comme les autres parents qui vont découvrir, au fil du temps, que leurs enfants font également partie de la très longue liste des victimes du prédateur sexuel. Les premiers abus sexuels commis sur la première victime remontent à 2008.

"Ce n'est pas un opportuniste mais un prédateur"

Le mode opératoire de Philippe était parfaitement huilé : des cadeaux, des bonbons, et surtout des séances de correction de devoirs, assis sur les genoux de l’instituteur pour que ce dernier puisse mieux tripoter ses victimes. "Et les victimes étaient choisies. L’un parce qu’il était craquant, l’autre parce qu’il avait la peau douce ou le nez retroussé. Ce n’est pas un opportuniste, mais un prédateur", ajoute le parquet, qui craint malheureusement que la liste des victimes soit en réalité beaucoup plus longue…

Une peine de 6 ans de prison ferme est requise contre le prévenu, actuellement suspendu de ses fonctions par la Ville de Charleroi. À titre anecdotique, Philippe conteste, par contre, avoir téléchargé des images pédopornographiques. Jugement le 23 décembre.