Au terme d'une discussion entre les autorités de la Ville de Charleroi et des familles des victimes, la décision a été prise de détruire la maison. "Ça a été une décision difficile", a reconnu Gino Russo, le papa de Mélissa. "Finalement, entre parents, nous en avons discuté et il était sans doute préférable de la remplacer par le mémorial."

Comme il s'agissait d'une maison de rangée, l'espace était trop exigu pour en faire directement un mémorial. "Nous avons pris la décision d'étendre le lieu et d'acquérir les maisons à côté. Nous avons dû exproprier pour dégager un espace suffisamment grand et ouvert pour y construire un véritable mémorial", a expliqué Paul Magnette.

© ASYMETRIE

Ces derniers mois, les décisions entre la Ville, les parents et l'équipe de l'entrepreneur Georgios Maïllis ont permis d'aboutir au projet de jardin mémorial. "Avec mon équipe, celle de la Ville et les parents, nous avons imaginé un lieu d'apaisement. Un jardin qui ramène de la vie dans ce quartier blessé, meurtri. Un jardin mémorial entre terre et ciel comme l'ont baptisé les parents", a précisé Georgios Maïllis.

Concrètement, ce jardin sera surélevé à deux mètres du trottoir, entouré de deux murs blanc, dont l'un d'eux conservera la célèbre fresque de l'enfant avec son cerf-volant. Le choix des plantes et fleurs sera fait en sorte qu'il y ait de la couleur tout au long de l'année. Le trottoir sera également aménagé pour qu'il n'y ait pas la possibilité de se garer devant.

"C'est un projet très beau. Le blanc, c'est la pureté. Et l'image entre terre et ciel me parle beaucoup. C'est un projet différent de ce que l'on voit habituellement", a commenté Louisa Albert, la maman de Julie. "C'est une bonne chose pour ne pas oublier et qu'on y pense avec un sentiment de positivité", a ajouté Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie.

Un permis d'urbanisme sera déposé la semaine prochaine. "La procédure est assez complexe puisqu'il faut prévoir la modification des voiries. Cela va prendre 200 jours pour obtenir ce permis au maximum puis les travaux vont pouvoir débuter", a détaillé Georgios Maïllis.

Le jardin mémorial devrait donc être finalisé en 2023. Concernant son financement, Paul Magnette a été très clair en conférence de presse: "Il n'est pas utile de parler d'argent pour un projet comme celui-là. Le financement est communal et nous avons les budgets, point."