Le centre de formation du TEC Charleroi est à la pointe. Reportage.

Tous les deux mois, le TEC Charleroi lance un appel au recrutement pour de nouveaux chauffeurs de bus. Objectif : pourvoir au remplacement des départs à la retraite et aux mouvements internes. En moyenne, ils sont une cinquantaine à rejoindre chaque année les équipes, dans un cadre opérationnel où ils sont 641. Comme l’explique Philippe Delmotte, chef du service Auto-école : "La grande majorité des aspirants n’ont que leur permis B. Il faut donc les former à conduire différents types de bus, certains étant articulés."

Les examens préliminaires sont impitoyables : 90 % des participants échouent, sur 300, il n’en subsiste que 30. Seuls les lauréats du test de préconduite où l’on analyse leur comportement et leurs réactions accèdent à la formation d’une durée de deux mois.

Elle leur impose de réussir six épreuves théoriques et pratiques, qui débouchent sur l’octroi du certificat d’aptitudes professionnelles (CAP) et du permis D (avec sélection médicale), et bien entendu sur un contrat d’emploi.

La formation initiale est dispensée au siège du TEC Charleroi et pour la pratique au dépôt de Jumet, le seul en Wallonie à disposer d’une piste d’apprentissage pour bus : dos d’âne, chicane, rétrécissement, passage d’un rond-point, manœuvres en marche arrière.

Pour passer l’examen, les aspirants comptent une expérience de conduite d’un millier de kilomètres au moins. Les 95 % d’entre eux qui réussissent en première ou seconde session ne sont pas encore au bout de leurs peines.

Trois ultimes semaines de formation les attendent : l’une de théorie chauffeur portant sur la "bille ttique" (tarification), l’usage de la radio et les ordres de marche, les suivantes au volant avec un accompagnateur en conditions réelles. Mécanique générale, gestion du stress et des conflits, accueil des clients à besoins spécifiques (malvoyants, PMR, mamans avec poussette, etc.), hygiène de vie, image de marque (présentation), éco-conduite sont autant de points d’attention au-delà de la maîtrise du Code de la route et de la signalisation.

Tous les 5 ans, les chauffeurs sont tenus de suivre 35 heures de remise à niveau pour conserver leur certificat d’aptitudes professionnelles. Sans lui, ils ne peuvent plus rouler avec des voyageurs.

Pour obtenir leur brevet de conduite de trams, les chauffeurs doivent suivre une formation de trois semaines, suivie de 15 jours de conduite accompagnée.

© Albin

Trois semaines pour obtenir le brevet de tram

Pour devenir conducteur de tram, il faut impérativement déjà être chauffeur de bus.

La formation s’étale sur trois semaines, explique Eric Tassiaux qui en est coordinateur. Après une découverte du réseau, l’aspirant commence sa préparation qui alterne théorie et pratique. Un module technique lui apprend à remédier aux avaries. Deux journées entières sont ensuite consacrées à l’étude de la réglementation métro, avant l’écolage de la conduite.

Un tram ne se manie pas comme un véhicule routier : impossible de donner un coup de volant pour éviter un obstacle, tout est dans le dosage de la vitesse et l’anticipation, car les distances de freinage sont très longues sur rails : jusqu’à 60 mètres à une vitesse de 50 km/h. Ce qui explique la priorité absolue du métro sur les autres usagers, y compris les piétons.

Comprendre la signalisation et les feux, apprendre à s’arrêter correctement aux stations : les motrices se déplacent à une vitesse commerciale de 26 à 30 km/h, avec des pics à 65 sur les tronçons enterrés en sous-sol, comme le tunnel de la Samaritaine. En voirie, il faut redoubler de prudence : il arrive que des usagers ne voient pas le tram et lui coupent la route brutalement comme sur la chaussée de Bruxelles entre Gosselies et Dampremy.

Les endroits dangereux du réseau sont équipés de balises d’urgence. En cas de franchissement de feu rouge, un système de freinage est immédiatement actionné : le chauffeur qui a commis cette erreur est alors renvoyé en formation pour une remise à niveau.