Samedi matin, le temps était idéal pour installer le nouveau pont de 62 mètres qui va relier la N90 à la rue Georges Tourneur à Marchienne-au-Pont (Charleroi). Peu de vent, un ciel dégagé. Tout aurait dû commencer à 8 heures du matin mais un peu de retard a dû être pris pour assurer la préparation des deux énormes grues. Finalement, on apprenait vers 16 heures que le pont ne serait pas posé ce samedi, mais dimanche ou le week-end prochain, suite à un problème technique.

Il faut dire qu'avec ses 350 tonnes, le pont métallique - ce gris est sa couleur définitive - n'est pas une mince affaire à déplacer. D'abord, il faut le soulever et le placer à moitié en l'air avec une des grues, puis dans un second temps venir accrocher la deuxième grue pour poser la structure sur ses appuis. "Et encore, le poids final sera bien plus important, puisqu'il faudra encore couler une dalle de béton armé dans le pont une fois qu'il sera posé, pour l'instant il n'y a que les bardages métalliques. Et enfin il faudra une couche de tarmac", nous précise sur place un des employés de BAM-Galère, l'entreprise néerlandaise qui s'occupe du pont. 

© van Kasteel

Construit à Andenne, le pont a été dessiné par le SPW avant d'être amené en pièces détachées, monté sur place. C'est la société tournaisienne Dufour qui s'occupe d'installer l'énorme structure métallique, avec ses deux grues démesurées. "Les grutiers sont des vrais pros", confie un ouvrier. "On est tout de même sur un millimétrage précis pour installer un ouvrage de ce poids. Le moindre mouvement peut créer un effet de balancier, qui pourrait être désastreux. Ce sont des hommes qui ont l'habitude de bosser ensemble, et ils sont en contact radio continu pour se coordonner."

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L'ingénieur en charge, pour le SPW, Damien Minette nous le confirme : "les appuis définitifs seront scellés la semaine prochaine, et on espère que le pont et les voiries du zoning seront accessibles dès l'automne 2021." Un peu de stress pour lui ce samedi matin, puisque c'est près de trois ans de travail qui auraient dû aboutir aujourd'hui : "la première esquisse du pont date de 2017." En tout, l'installation des voiries et de l'ouvrage d'art représente tout de même un investissement de 7.2 millions d'euros, financé en partie par les fonds européens Feder.

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L'objectif de ce pont est de désenclaver cette partie de Marchienne-au-Pont, qui jusqu'à présent devait passer par le centre-ville pour rejoindre la route rapide. Avec un zoning économique de 40 hectares, que l'intercommunale Igretec est en train de créer autour du pont, sur un ancien chancre industriel, il faudra également permettre aux entreprises un accès plus direct que les petites rues du centre de Marchienne. "L'énorme avantage de ce site, c'est qu'il est à proximité des transports en commun, puisqu'il y a un arrêt de métro pile de l'autre côté du pont, à proximité de la N90, mais aussi qu'on est en train de construire un quai de chargement, qui permettra aux entreprises du zoning de faire du bimodal (de péniche à camion et vice-versa, NdlR)", précise la porte-parole d'Igretec. A terme, ce zoning de Marchienne devrait notamment accueillir pas mal d'entreprises liées à la Ceinture Alimentaire de Charleroi Métropole, notamment un maraîchage et probablement les cuisines de la collectivité carolo, qui servent à préparer des repas pour les maisons de repos et hôpitaux. 

Le zoning ne sera pas fini avant 2022, au bas mot, mais les automobilistes et marchiennois, eux, devrait - comme précisé - déjà pouvoir profiter des nouvelles infrastructures dès l'automne 2021.

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