Charleroi

Sans surprise, le règlement sur la mendicité a été voté. Le poids de la majorité ne laissait guère planer de doute sur l’issue du débat, abordé seulement aux alentours de minuit, le temps de voir s’éteindre petit à petit les ardeurs de ceux qui étaient venus le combattre dans la salle du conseil communal.

Pas de surprise, non plus, dans les arguments répétés. La PTB Sofie Merckx a concédé qu’il y avait bien eu des avancées par rapport au projet initial mais selon elle, la philosophie générale relève de la Tartufferie et le risque est là, de voir la stigmatisation des mendiants.

Quant au texte adopté, il ne sera pas applicable, pense-t-elle. Même rejet de la part de l’Écolo Xavier Desgain, pour qui Charleroi a besoin d’une véritable action forte contre la pauvreté, plutôt que d’un règlement qui aboutisse à une absence de résultats de terrain. Faire de la lutte contre la pauvreté doit être une priorité absolue, a-t-il dit, estimant que le règlement proposé n’était pas une solution. Et de rappeler l’inefficacité des dispositions prises à propos de la prostitution, avec un règlement qu’on ne se donne visiblement pas les moyens de faire respecter.

Paul Magnette s’est défendu de vouloir stigmatiser la pauvreté, parlant de la réguler, en s’inspirant d’exemples puisés ailleurs, avec ce règlement qui peut être amené à évoluer encore. Mêmes explications pour l’échevine Salvi (CDH), qui s’est félicitée de la tenue de débats sereins, menés avec ses experts et les mancheurs concernés, réunions qui se tiendront encore mensuellement à l’avenir.

Enfin, le président du CPAS, Eric Massin, a évoqué une cohorte de chiffres et de statistiques pour conclure à la nécessité d’améliorer la situation de ceux qui bénéficient d’un revenu d’insertion.

Cela dit, et en une heure, le dossier a été (provisoirement) bouclé et le règlement voté, majorité contre opposition. Reste à le faire vivre.