Avant d'évoquer les faits ignobles reprochés aux quatre membres de la famille, le parquet a tenu à souligner le terreau familial se cachant derrière ce dossier sordide. D'après la substitute du procureur, la famille recomposée de François et Malaika est un "prototype de famille recomposée qui a tourné à l'échec" qui a donné lieu à un "dysfonctionnement familial".

François, le paternel au centre des accusations, a mené deux vies en même temps. L'une, durant 17 ans, lui a permis d'avoir quatre enfants avec sa première femme avant de rencontrer Malaika, la meilleure amie de sa femme qui est devenue sa maîtresse avant de devenir définitivement sa compagne. Déjà maman de trois enfants (dont Michael et Miguel, les deux autres prévenus), la mère de famille a encore eu deux enfants avec François.

Des violences sexuelles, physiques et psychologiques

En 2019, Caroline (prénom d'emprunt) se rend chez la gynécologue pour se faire enlever une MST aux parties intimes. Interpellé par le jeune âge de l'adolescente (13 ans), le médecin demande des explications. La jeune adolescente lui confie alors l'horreur en évoquant les viols à répétition que lui inflige son père. "Elle a ainsi expliqué subir des abus sexuels depuis ses 13 ans. Son père, qui a obtenu l'hébergement principal, lui touche le sexe et la poitrine, lui force à regarder des vidéos pornographiques, etc. Les faits ont lieu dans la chambre à coucher, dans la voiture ou le grenier", précise Me Toussaint, partie civile.

Le père n'est pas le seul à adopter ce type de comportement déviant au domicile familial puisque la jeune fille évoque également des abus sexuels de la part de Michael et de Miguel, ses deux demi-frères d'une vingtaine d'années. Toujours selon elle, sa belle-mère lui infligerait des traitements inhumains et dégradants. "Elle évoque des coups de taser de la part de la prévenue, mais également des coups avec une cuillère en bois ou avec un bâton. Elle et son petit frère, également victimes de violence, parlent de punitions. Ils ne peuvent pas partir en voyages scolaires, car ils ne le méritent pas, doivent rester debout ou rester attachés au lit. Il y a aussi les tâches ménagères à effectuer à répétition à titre de punition", détaille le parquet. Au domicile familial, Caroline avait le droit de se laver uniquement les mercredis et dimanches.

Les deux grandes sœurs de Caroline, qui ont depuis lors quitté le domicile familial, confirment elles aussi avoir été victimes d'abus sexuels par leur père en pleine adolescence. Face au tribunal correctionnel ce mercredi matin, les quatre prévenus ne comprennent pas les accusations rapportées par plusieurs des enfants. Toutes les préventions sont contestées, hormis des "baffes" distribuées à Marc (prénom d'emprunt), son fils, décrit par le paternel comme un "menteur et voleur".

Pour les deux demi-frères suspectés d'abus sexuels sur Caroline, et sur Marc pour Michael, le parquet souhaite qu'une peine de prison supérieure à 6 ans de prison soit prononcée. Contre François, le chef de famille, dix ans de prison sont sollicités et une peine d'une dizaine de mois de prison est requise contre Malaika. Sans surprise, la défense a plaidé un acquittement pour les quatre prévenus et une suspension du prononcé pour les gifles distribuées à Marc par son papa.

Jugement le 25 mai.