La défense d'un ressortissant indien de 73 ans, poursuivi devant la cour d'appel du Hainaut pour des attentats à la pudeur, a plaidé vendredi l'acquittement. Il avait écopé de trois ans avec sursis en novembre 2019. Le tribunal correctionnel de Charleroi avait aussi interdit à ce professeur privé de religion islamique d'enseigner et de fréquenter des mineurs durant cinq ans. Me Hamid El Abouti, conseil de la défense, a remis les faits en doute. Il a relevé que les attouchements se seraient produits en présence d'autres enfants et de l'épouse du prévenu, lors de cours à son domicile privé à Montignies-sur-Sambre.

Le professeur a été décrit comme sévère et autoritaire, mais il n'a fait l'objet que de trois plaintes alors qu'il a enseigné le coran à des centaines d'enfants, a encore fait remarquer l'avocat. "Il a enseigné le Coran à plusieurs générations. On ne devient pas pédophile subitement." La défense soupçonne une accusation liée à un conflit entre Pakistanais et Indiens.

Pour le ministère public, la thèse du complot ne tient pas la route. Les déclarations des enfants, dont deux sont issus de la même fratrie, convergent vers la culpabilité de cet homme qui est reparti en Inde après avoir vécu quarante ans en Belgique.

"C'est un homme qui est figé dans ses certitudes, qui veut que les gens gardent une bonne image de lui. Il a reconnu le fait que les enfants devaient lui faire des massages", a souligné Me Jean-Philippe Mayence, avocat des parties civiles.+

Lors de son interrogatoire par la police, le prévenu avait déclaré que "les enfants ont le diable en eux, pire que Satan lui-même".