La nuit du 16 au 17 novembre 2015, Matteo et son beau-père, accompagnés de Steve, ont pénétré à l’intérieur d’un domicile de la rue de la Madeleine à Jumet. Après avoir démonté la coupole et débranché le système d’alarme, le trio s’est rendu dans les chambres à coucher. Jean et Roger sont réveillés et malmenés avant d’être ligotés.

Les trois voleurs veulent qu’une seule chose : obtenir la clé permettant d’ouvrir le coffre-fort présent sur place. Mais les victimes refusent de donner l’accès au butin. Finalement, Rudy, Matteo et Steve quittent les lieux avec des GSM et le coffre-fort chargé sur un… diable.

De l’aveu même du parquet, le dossier n’était pas le plus compliqué. Rapidement, les premiers soupçons se sont portés sur Matteo. « Il avait, quelques jours avant le vol avec violence, effectué des travaux de jardinage à cette adresse. Il avait connaissance de l’existence de l’alarme », précise le substitut Henry. Les victimes se souviennent même qu’un des suspects a appelé son complice « papa ».

Mais les devoirs d’enquête ont traîné, dont les analyses ADN. Il faudra plusieurs années à la justice pour prouver la culpabilité de Matteo, qui dénoncera par la suite Rudy et Steve. Plus de 5 ans après les faits, le trio comparaît seulement devant la justice. Pour le parquet, même si les faits sont particulièrement graves et inacceptables, il faudra tenir compte de l’écoulement du temps et du dépassement du délai raisonnable. Chaque justiciable a le droit d’être jugé dans un délai raisonnable. Si ce n’est pas le cas, le tribunal peut, au cas par cas, prononcer des sanctions beaucoup moins lourdes que ce qui est prévu quand le délai raisonnable est respecté.

Sans surprise, les trois avocats de la défense plaident le dépassement du délai raisonnable. Le 10 mai prochain, Rudy, Matteo et Steve devraient obtenir une peine plus clémente grâce à la lenteur de l'enquête...