Il a été victime d’une véritable rossée.

Ils étaient trois à répondre, devant le président Coppée, d’une bagarre qui avait eu lieu à Fleurus. Mais comme le magistrat l’a fait remarquer, si on parlait d’échange de coups, la victime en avait reçu bien plus qu’elle n’en avait donnés.

Tout avait pourtant bien commencé, ce soir de mai 2014, avec une rencontre de mini-foot. On avait joué, mais après cela, on avait bu, beaucoup bu, et on était reparti en voiture, dans Fleurus. On s’y était engagé dans une rue à sens unique, fort étroite. Les trois prévenus étaient à bord de la même voiture quand, derrière eux, un automobiliste s’est trouvé bloqué. "On est descendu pour lui parler, pour lui expliquer qu’on vidait le coffre", explique Kevin, un des trois prévenus. Ironique, le président Coppée s’étonne : "Oui, et après cette aimable conversation ?".

Là, Kevin a un grand trou de mémoire. Il se souvient seulement qu’il n’a pas frappé. En insistant un peu, on parvient tout de même à lui faire avouer qu’il est parti en laissant là l’autre automobiliste, qui a été victime d’une véritable rossée, à coups de poings et de pieds. "Moi, j’ai pas frappé, répète le prévenu. D’ailleurs, j’ai montré mes mains à la juge d’instruction, il n’y avait pas de traces de coups".

Tout cela, expliqué avec une forme de détachement, et un peu de honte, tout de même : d’accord, il n’aurait pas dû partir, mais bon… Les deux autres sont venus sans avocat. À part se tortiller sur le banc et grommeler des explications du genre "ben on avait bu", rien n’en émerge, sinon le sentiment qu’ils n’ont pas tout à fait mesuré la gravité de l’agression. Jugement le 18 avril.