Le ministre wallon du Budget et de la tutelle Wallonie-Bruxelles Enseignement, Frédéric Daerden, a annoncé la bonne nouvelle à Jean-Philippe Florent, député Ecolo, qui s'inquiétait de la situation à Courcelles: une demande en extrême urgence pourra être introduite par la commune pour construire une nouvelle école.

Pour rappel, une violente explosion était intervenue le 22 avril dernier sur le site du broyeur à métaux Keyser, dans le quartier de la Motte à Courcelles. Suite à cela, l'école de la Motte a dû être fermée par les autorités communales : la structure de l'établissement n'était déjà pas bien solide, et l'explosion a rendu toute présence sur les lieux dangereuse.

Les 186 élèves de maternelle et de primaire ont été recasés dans d'autres écoles de l'entité jusqu'à la fin de l'année. "Pour l’année scolaire prochaine, le pouvoir organisateur envisage un hébergement dans des bâtiments communaux disposant d’espaces disponibles, le temps nécessaire à la construction d’une nouvelle école. J’ai appris qu’une étude est en cours depuis trois ans pour évaluer la pollution aux polychloro-biphényles (PCB) émise par l’usine de recyclage. En septembre 2020, un dépassement des seuils critiques de pollution a été constaté. Par conséquent, il existe un dépôt de ces polluants toxiques sur toutes les surfaces aux alentours. Face à ce constat, dans le cadre du programme prioritaire des travaux (PPT), la commune avait introduit une demande de subventions en extrême urgence en septembre 2020 auprès de l’administration pour la reconstruction de l’école communale de La Motte sur un nouveau terrain à l’abri de toute pollution. Il s’avère que la demande ne répondait pas aux critères d’extrême urgence, car le problème était connu. En outre, les délais pour la mise en œuvre du chantier de reconstruction ne justifiaient pas l’extrême urgence", explique le ministre. "Il a donc été signalé au pouvoir organisateur qu’il suffisait de transformer cette demande prioritaire en demande d’éligibilité au PPT, sans réclamer l’extrême urgence. Malheureusement, à cette époque et pour des raisons que j’ignore, la commune n’a pas introduit de demande d’éligibilité au PPT."

Cependant, une demande en extrême urgence peut désormais être faite pour le financement d'une nouvelle école. "Nous sommes dans une autre situation, car le sinistre était imprévisible. La bourgmestre de Courcelles a été avertie de cette possibilité et des contacts ont déjà eu lieu entre le pouvoir organisateur et le Service général des infrastructures scolaires subventionnées", souligne Frédéric Daerden.

Jean-Philippe Florent (Ecolo) s'est dit soulagé de la nouvelle, mais a suggéré que la Fédération Wallonie-Bruxelles place des instruments de mesure dans les cours de récréation de la vingtaine d'établissements scolaires à proximité des broyeurs à métaux wallons, dont trois sont situés dans la région de Charleroi (écoles concernées à Châtelet, Marchienne-au-Pont, Fontaine-l'Evêque, Courcelles). 

La ministre de l'Environnement, Céline Tellier (Ecolo), a de son côté annoncé un renforcement du biomonitoring autour des broyeurs à métaux.