Dominique était seul derrière la vitre sans tain mais en trois exemplaires dans l’album photo.

Toxicomane et voleur récidiviste, Dominique était bien connu de la police de Chimay, en 2012. Et lorsqu’une dame a manqué de se faire arracher son sac devant une banque du centre-ville, tous les regards se sont tournés vers lui. Il faut dire que tout l’accusait.

D’une part , les caméras de surveillance ont enregistré la présence d’un individu lui ressemblant et portant trois survêtements différents. D’autre part, la victime dit reconnaître Dominique. "Le souci, c’est que les enquêteurs lui ont soumis un panel photos où son visage apparait trois fois sur onze", déplore Me Bruno, qui défendait le prévenu devant le tribunal correctionnel de Charleroi, ce mardi. "Qui plus est, on le présente seul derrière la vitre sans tain, alors qu’habituellement, on place plusieurs personnes dans le line-up. Il va sans dire que, de la sorte, il a plus de chances d’être désigné au hasard sur le panel ou que la victime lui trouve des ressemblances avec son véritable agresseur. Elle dit en outre qu’elle le reconnaît à sa coiffure et à sa moustache. Or, elle a affirmé que l’auteur portait une capuche. Et mon client a toujours porté la barbe en collier. Cela fait beaucoup d’éléments qui peuvent installer le doute."

Soucieux d’une bonne administration de la justice, le juge a décidé d’ordonner des devoirs complémentaires afin de vérifier que le panel photo n’a pas été "traficoté" par les policiers. "Ce serait fort malvenu de leur part de manipuler une enquête de la sorte", a ajouté le président. En attendant, Dominique a déjà fait les frais de cette histoire : n’ayant pas répondu à la première convocation du tribunal "parce qu’il n’a pas de boîte aux lettres" , il a fait l’objet d’une condamnation par défaut à 37 mois de prison ferme.

Bref, jusqu’à ce mardi, il était en prison en attendant que son opposition soit levée. Vu que Dominique est calme depuis 2012 et qu’en outre, des doutes sérieux subsistent sur sa culpabilité, le tribunal a accepté de le libérer en attendant la prochaine audience qui aura lieu le 12 avril.