Le procès se déroule cette semaine à la cour d’assises du Hainaut

ERQUELINNES Azam Sajjad, 40 ans, est l’assassin de Razzaq Ishaq. Son procès se déroule cette semaine à la cour d’assises du Hainaut mais il n’est pas dans le box des accusés. Il est en cavale et sera jugé par contumace. Vers 23 h, le 30 septembre 2009, Azam se rend à Erquelinnes au night shop de la rue Albert Ier. Un drugstore tenu par ses cousins. À peine arrivé sur les lieux, il s’emballe, crie. La discussion se fait houleuse. Il sort son arme. Un Beretta calibre 38. Ludovic H. qui l’accompagnait est surpris. Depuis trois ans qu’il le fréquente, il connaît bien Azam qu’il décrit jovial, sociable, pas l’Azam qui semble déterminé à tuer. Il veut l’apaiser, lui prendre le pistolet. Mais Azam furieux, se fait menaçant provoquant la fuite de Ludovic. Azam vise son cousin et tire.

Une balle en pleine tête, une autre dans le cœur. L’homme s’écroule. La moelle épinière est touchée, il meurt dans les secondes qui suivent. Mais l’accusé n’a pas terminé ce qui ressemble à une exécution. Il pointe Mohammad Yaunis. Une bagarre s’ensuit. Dans un premier temps Mohammad réussit à s’emparer du chargeur mais Azam est acharné. Il veut la mort de Mohammad. Il récupère le chargeur et tire. Trois fois, avant de prendre la fuite. Mohhamad est en vie.

Les balles n’ont pénétré que la partie extérieure du thorax sans s’y enfoncer profondément. Il a eu plus de chance que son cousin. Grâce à Ludovic H. l’enquête s’oriente rapidement vers l’agresseur. L’ADN, les témoins, les expertises démontrent qu’il est l’auteur de l’assassinat et de la tentative d’assassinat. Mais il reste introuvable. Pour les enquêteurs, il s’agit d’un règlement de comptes entre pakistanais.

Le frère d’Azam était un rival commercial des victimes. Une guerre des prix s’était engagée entre les deux clans issus de la région de Brescia, dans le nord de l’Italie. La majorité ne sont d’ailleurs pas inscrits en Belgique. Ils retournent régulièrement dans cette charmante ville pittoresque pour des démarches administratives.

Sans partie civile, sans accusé, sans doute sans témoin, bon nombre ayant pris la fuite, les jurés sont face à une salle étonnement vide. Alors pourquoi ce procès ? Parce que nous sommes dans un pays de droits et que tout acte répréhensible doit être jugé et puni.



© La Dernière Heure 2012