« C'est la parole d'un père contre celle de sa fille. » Cette citation du parquet, en début de réquisitoire, résume parfaitement le dossier évoqué devant le tribunal correctionnel de Charleroi. 

Jean-Francis a écopé d'une peine de prison en son absence pour des attentats à la pudeur commis en août 2019 et dénoncés fin du mois à la mère de sa fille, son ex-compagne. Le 6 février dernier, le prévenu a formé opposition à ce jugement. D'après lui, il est évident qu'il s'agit là d'un coup monté par son ex. « La petite a certainement été manipulée par sa mère dans le but de m'éloigner des enfants et de se venger de moi. J'ai acheté la maison de sa grand-mère. Elle en voulait la moitié, ce qu'elle n'a pas obtenu. Et depuis ce moment-là, notre relation est partie en sucette, avant notre séparation en 2019 », explique le papa.

Pour le parquet, nul doute que la jeune fille dit la vérité quand elle évoque les actes sexuels. « Elle a mimé les gestes, notamment quand elle devait se faire aller sur le zizi de son papa sans slip ou quand elle devait caresser le zizi pour qu'il grandisse en regardant des amoureux tout nus dans un livre. » 

Quant à l'hypothèse de la vengeance soulevée par le prévenu, le ministère public n'y croit pas. « La séparation du couple a eu lieu en février 2019. Je ne vois pas pourquoi la maman aurait attendu jusqu'en août 2019 pour se venger alors que l'achat de la maison de la grand-mère est situé en 2014 ou 2015 par le prévenu. »

La confirmation du jugement est donc requise. 

Pour Me Anne-France Somers, à la défense, il existe un doute qui doit profiter à son client. « J'aime mes enfants, je suis un père aimant et jamais je ne pourrais leur faire du mal », rajoute Jean-Francis juste avant de quitter la salle d'audience. Jugement le 26 avril.