Il existe déjà des monnaies locales comme le Carol’Or, qui permettent de booster les échanges locaux de services. Mais désormais, le gouvernement wallon a mandaté les députés wallons Marie-Martine Schyns, Sabine Laruelle, Olivier Bierin et Maxime Hardy pour examiner l’intérêt de créer une monnaie régionale. Mais à destination des entreprises, pas des particuliers.

"On a commencé dès le lendemain, l’objectif est de présenter un rapport pour l’été 2021, voir si on peut lancer une monnaie régionale interentreprises en Wallonie", se réjouit Maxime Hardy (PS). "Il y a déjà des expériences fructueuses à l’international, notamment au Brésil, en Suisse ou en Sardaigne. On voit que quand il y a une crise économique, ce type de monnaie favorise l’entraide entre entreprises et un retour à l’économie locale." Et pour lui, ce retour au local est essentiel aujourd’hui, la crise du Covid l’a démontré.

L’idée est assez simple : créer une monnaie virtuelle qui peut être utilisée pour s’échanger des services entre entreprises wallonnes sans avoir besoin d’obtenir du cash, ce qui peut devenir difficile en temps de crise surtout s’il faut s’adresser aux banques. "C’est un système de crédit-débit, un service est facturé par l’entreprise A à l’entreprise B, et l’entreprise A peut utiliser ce crédit auprès de l’entreprise C pour qu’elle lui fasse un service à son tour. Une sorte de troc en monnaie virtuelle, si on veut. Enfin, c’est un des modèles en tout cas."

La question sera étudiée par les parlementaires au cours des prochains mois, et ils veulent s’entourer d’experts et d’économistes, pour arriver avec des recommandations précises et qui peuvent être mises en place. "Ça pourrait être très intéressant, si ça vient du service public en collaboration avec les entreprises, ce pourrait être un formidable outil de redéploiement économique." Mais quid de l’impôt, alors ? "La question de la fiscalité devra évidemment se retrouver dans notre rapport", rassure Maxime Hardy. "Mais ici, on lance la réflexion."