La transformation d’un minibus en bureau itinérant est à l’étude.

En cinq ans, la population de bénéficiaires du revenu d’intégration a augmenté de 50 % à Charleroi : elle est passée de 5.341 unités en décembre 2014 à 8.067 en octobre 2019. Et les rangs vont continuer à grossir.

Après avoir préparé la fusion de ses antennes sociales pour en réduire le nombre, le CPAS a opéré un revirement à 180 degrés : aucune des permanences actuellement en service ne fermera ses portes, affirme le président Philippe Van Cauwenberghe (PS). Au contraire, il est même prévu d’investir dans leur extension pour les rendre plus accueillantes et accessibles. Des moyens ont été inscrits au budget pour remplir cet objectif, notamment déménager et moderniser Monceau et étendre les installations de Montignies-sur-Sambre.

Le réseau actuel compte treize antennes sociales, dont deux réservées à des publics spécifiques. Le CPAS réfléchit à en ouvrir une quatorzième qui présenterait la particularité d’être mobile, pour aller à la rencontre des citoyens dans leurs quartiers. L’idée de transformer un minibus en bureau itinérant avait émergé lors des états généraux de l’action sociale, rappelle Philippe Van Cau.

Un crédit d’investissement a ainsi été budgété pour ce projet en 2020, à hauteur de 100.000 euros. "Avec mon collègue Mahmut Dogru en charge de l’État Civil, nous avons élargi la réflexion à une synergie Ville-CPAS : il s’agit d’examiner la possibilité de nous partager ce minibus. À des moments différents, le véhicule pourrait être tantôt affecté au CPAS, tantôt aux guichets de population. Pour notre institution, ce dispositif permettrait d’aller au plus près des besoins, avec des offres spécifiques : délocalisation de la santé mentale, intégration d’une petite épicerie sociale avec des produits de première nécessité. Dans la pratique, nous constatons que nos bénéficiaires ont parfois de grosses difficultés à se déplacer, pour des raisons économiques mais également aussi des raisons culturelles : pour eux, s’éloigner de leur cadre de vie est tout simplement inconcevable. Ce bus est donc un moyen de retisser des liens, de renouer un dialogue."