Les 14 et 15 juillet, la région de Liège et plusieurs autres communes du Hainaut ont été submergées par l’eau qui est tombée à la suite de pluies diluviennes. Des familles ont perdu des proches ou leurs maisons à cause de l’eau… Quelques jours après, et à l’occasion du deuil national qui a été observé partout dans le pays ce mardi 20 juillet, nous nous sommes rendus à Aiseau-Presles, à la rue Lambot, l’une des rues les plus durement touchées par les inondations dans notre région.

Encore aujourd’hui, une partie de la rue Lambot reste inaccessible aux voitures. Mais la vie reprend son cours, petit à petit. Les enfants jouent dans la rue et tapent dans le ballon, entre deux flaques de boue. Plus loin, de nombreux riverains s’activent et tentent de récupérer ce qui est encore possible dans les habitations touchées par l’eau. C’est le cas au numéro 129, chez Lino et Raymonde. « Ici, mes parents ont été confrontés à deux mètres d’eau dans les pièces. Cela fait une cinquantaine d’années qu’ils vivent ici et jamais ils n’avaient connu ça », explique Jonathan, leur fils.

Aucun sentiment d’abandon

Celui qui habite plus loin dans l’entité s’est dépêché de venir en aide à ses parents pour sauver ce qui pouvait encore l'être. « L’eau montait de 40 centimètres toutes les heures. On a tenté de sauver les meubles, les souvenirs, les photos et l’électroménager. Mais bien sûr, il y a de gros dégâts et on découvre encore de nouvelles choses aujourd'hui… » Comme les parents de Jonathan, les riverains qui ont subi de nombreux dégâts se comptent par dizaines.

Mais Jonathan et ses parents peuvent compter sur la solidarité des voisins et amis, mais également sur la commune. « On ne se sent pas abandonné. Au contraire, ils sont là depuis la catastrophe. Même si le bourgmestre Jean Fersini (PS) n’est pas là, on ne lui en veut pas. Il a aussi le droit de partir en vacances et ne pouvait pas prévoir ce qui allait se passer. Mes parents ont été pris en charge et évacués vers le hall sportif où ils ont pu se doucher et ont eu un repas. Plusieurs échevins sont passés dans la rue et nous avons eu accès aux containers durant le week-end pour évacuer tout ce qui devait l’être », détaille Jonathan. « J’ai vu des gens sur Facebook se plaindre et invectiver le bourgmestre. Malheureusement, il y aura toujours des gens remplis de haine pour rien… »

Une journée de chaos

Du côté de la zone de police locale, toutes les forces vives ont été requises sur la zone pour aider les citoyens à faire face aux inondations. « Au départ, on avait reçu des alertes de l’IRM, mais c’est au fil de la journée que nous avons réellement pris conscience de la gravité de la situation », confie Philippe Borza, chef de corps de la zone de police Aiseau-Presles/Châtelet/Farciennes.

De nombreuses équipes ont été requises à Bouffioulx, Farciennes, mais surtout à Aiseau-Presles. « On nous appelait pour fermer des voiries. Ensuite, c’était surtout pour venir en aide aux riverains et pour les évacuer. Certains de nos hommes n’ont pas hésité à se mouiller pour sauver des vies. Tous ont très bien réagi et ont fait preuve d’une solidarité incroyable. »

Le chef de corps tient également à souligner la solidarité affichée par tous durant ces journées de chaos. « D’autres zones nous ont envoyé des renforts. On s’est organisé, d’abord, en interne avant de se concerter avec la commune sur la procédure à suivre. Ce fut pareil avec les secours. En interne, tout le monde a été solidaire pour être le plus efficace possible sur le terrain. »