A Charleroi, la réorganisation du dispositif d’accueil des SDF a allongé leurs déplacements. En raison de la pandémie et des règles de distanciation, certains services ont dû être déplacés de plusieurs kilomètres. C’est le cas notamment du centre d’accueil de jour le Rebond. 

Si une antenne a été maintenue en centre-ville, l’essentiel de l’activité a déménagé au salon communal de Marchienne. Pour s’y rendre en transport en commun, un moyen : emprunter le métro jusqu’à la station Cartier. Avec l’obligation de payer son trajet : bien que le tarif le plus avantageux permette de circuler trois jours pour le prix de 8 euros, cela reste une dépense non négligeable pour un sans-abri. "Nous avons interpellé le TEC pour obtenir la gratuité en faveur des SDF", rappelle Sophie Crapez, coordinatrice de l’ASBL Comme Chez Nous qui gère l’accueil de jour. 

Le président du CPAS et du relais social de Charleroi Philippe Van Cauwenberghe entend sensibiliser des députés wallons PS à l’obtention de ce droit. La fraude n’est pas une alternative acceptable, bien qu’elle fasse l’objet d’une certaine tolérance de la part des contrôleurs pendant la pandémie. "Il faut porter le débat au parlement de Wallonie." Dans un mémoire réalisé l’an dernier, un étudiant éducateur s’était intéressé au surendettement des sans-abri. Félix Leclercq faisait ainsi état « d’amendes du TEC et de la SNCB qui pouvaient atteindre plus de 10.000 euros avec les indemnités judiciaires et les intérêts de retard. Des sommes qui deviennent à nouveau exigibles lorsque les personnes précaires retrouvent un domicile », épinglait-il. Autrement dit, un frein voire un obstacle à leur réinsertion…