Tous les groupes appellent au calme et au respect des engagements.

C'est à la lumière du jour que c'est enfin tenu ce vendredi matin le conseil communal déjà reporté par deux fois. Cette troisième tentative a été la bonne car les élus présents tant dans la majorité que dans l'opposition ont pu voter les points remis les semaines précédentes pour quorum insuffisant. En effet, au bout de 2 conseils reportés, celui qui suit peut se passer sans ce quorum. Ils étaient donc 14 sur 23, réunis dans la salle du conseil pour avaliser les affaires courantes de la ville qui vit une crise profonde au sein de la majorité PS du bourgmestre Philippe Tison. Cette fois, l'opposition AJC d'Hadrien Polain était bien présente.

Au début de la séance, les quelques spectateurs auraient pu s'attendre à un débat houleux lorsque les présences, absences et excuses ont été prises. Guglielmo Pastorelli, l'un des 4 dissidents, a signalé l'absence de Rudy Zanola, Michaël Guyot et Nathalie Gourmeur. Sans excuses transmises en bonne et due forme, ils ont été considérés comme absents. Cette tension est vite retombée et les débats se sont poursuivis dans une atmosphère plus légère propice au dialogue entre majorité et opposition.

Bien que la tutelle a conseillé aux deux groupes socialistes de garder le silence quant aux soucis internes, les uns et autres ont tout de même tenu à donner leur version de la crise.

Pour le groupe du bourgmestre, c'est Annibale Moscariello qui s'est exprimé. "Nous avons 4 élus chez nous qui ont tenu à jouer le jeu du quorum s'ils n'obtenaient pas gain de cause à savoir la nomination d'un échevin (Guglielemo Pastorelli). Avant les élections, certains n'ont pas souhaité défendre le groupe socialiste dans son ensemble. Au lendemain du scrutin, un pacte de majorité a été signé par 13 des 14 élus socialistes. Afin de maintenir la cohésion, nous avons pris la décision de pas exclure Pastorelli. Avec les élections régionales et fédérales qui suivaient nous lui avons demandé de prendre patience. Il a voulu imposer sa loi et a emmené avec lui 3 autres élus du groupe socialiste. Suivant cela, la majorité du groupe des élus n'a pas voulu céder à ce chantage et nous avons été amené à contacter le groupe AJC d'Hadrien Polain afin de leur proposer de travailler avec nous dans l'intérêt de la commune. Ces 4 agitateurs nous ont présenté comme des mauvais socialistes. Nous avons été mis sous tutelle qui a bien saisi le problème. Tout cela prend un certain temps avant de remettre des conclusions. Nous espérons être dans le déroulement final. Actuellement, nous dépendons du pacte de majorité qui ne se brise que suivant certaines conditions que nous sommes également entrain d'analyser. Dans les semaines qui viennent, je pense que tout cela sera résolu."

Dans l'intérêt des anderlusiens, le groupe des 10 pense à un rapprochement avec l'opposition entraînant une nouvelle majorité et une redistribution probable des compétences. "Si vous travaillez dans l'intérêt d'Anderlues, vous n'allez pas dire à AJC de rester dans l'opposition et de voter avec nous les projets, il faut être cohérent. Bien qu'on puisse tout imaginer c'est vers cette piste qu'on semble se diriger. Ce qui a été surréaliste par rapport aux 4 c'est qu'ils ont été se plaindre ailleurs et sont revenus vers nous sans jamais rien dire."

Même s'il revendique toujours une place d'échevin, Guglielmo Pastorelli a aussi souhaité donner la version des "dissidents". "Tout d'abord je tiens à excuser les autres qui pour des raisons de santé ou professionnelles ne se sont pas présentés. Comme nous sommes actuellement sous tutelle je n'ai rien à déclarer mis à part que j'ai toute confiance en ces instances et en mon président Paul Magnette. Avant de nous exprimer, nous attendons le rapport du comité de vigilance." Quand on lui demande s'il n'a pas l'impression que ce comité prend tout son temps et qu'il compte sur l'échéance du 18 juin (date de fin du pacte de majorité), l'élu dément. "Je ne pense pas qu'ils traînent. Ils ont du travail et entendent tout le monde." Le 16 mars prochain, le comité est attendu pour remettre ses conclusions, chose qui n'est pas sûre à la vue des différents reports. Pour l'instant, les deux groupes socialistes sont priés de ne pas entrer en contact.

Du côté de l'opposition, AJC on joue les observateurs et on entend bien le désir du groupe Tison de travailler de concert au sein d'une éventuelle majorité. "Il est clair que nous avons notre mot à dire. Nous défendons le point de vue de bon nombre d'anderlusiens et ne souhaitons pas céder à l'appel du pouvoir pour le pouvoir. Nous avons d'ailleurs dénoncé cet état d'esprit par le passé. Ce qui prime pour nous c'est l'intérêt des anderlusiens. Nous n'avons jamais caché notre envie d'offrir le meilleur aux citoyens mais une fois encore pas à n'importe quel prix. Nous souhaitons que cette période de chaos soit l'occasion de reconstruire un projet fort pour le futur," martèle Hadrien Polain.

Le dialogue et les politesses semblent de rigueur à quelques jours du carnaval d'Anderlues qui, pour tous, sera une période de trêve plus qu'attendue.