Un an après les faits, le tribunal correctionnel de Charleroi et le parquet s’attendaient à entendre des mots d’excuse ou au moins une reconnaissance des faits… Ce fut tout le contraire, Victor se place dans la peau de la victime et n’exprime aucun regret sur les actes qu’il a commis entre janvier et juin 2020.

À l’époque, Victor et Solange (prénom d’emprunt) sont camarades de classe dans une école carolo. Depuis deux ans, Victor est amoureux de l’étudiante, ce qui n’est pas le cas de cette dernière. Au lieu de laisser tomber l’affaire, Victor harcèle Solange et la menace à plusieurs reprises. « Il a notamment menacé de jeter la victime dans la Sambre. Il a également envoyé des photos de visages défigurés à un ami en commun en souhaitant le même sort à la victime », confirme le parquet, très inquiet de l’attitude du prévenu.

Même s’il comparaît devant la justice, Victor ne remet nullement son comportement en question. Pour lui, les torts sont partagés. « Des amies à elle m’ont manipulé. Elles m’ont dit que je pouvais lui envoyer des messages pour me défouler et qu’elle s’en foutait parce qu’elle ne les lisait pas. Je n’allais pas bien à l’époque, je n’avais plus d’amis et je me suis retrouvé sans école en plein milieu de l’année scolaire », précise Victor.

L’établissement scolaire fréquenté par les deux jeunes s’est inquiété de la situation, à l’issue d’un geste mimant un égorgement de la part de Victor. « C’est d’ailleurs pour cette raison et pour d’autres scènes de menaces verbales devant un professeur qu’il a été viré. »

Compte tenu de l’attitude du jeune étudiant, le parquet s’oppose à lui octroyer une suspension simple du prononcé, mesure de faveur la plus favorable. À la place, le substitut Lafosse souhaite la mise en place de conditions probatoires. Jugement le 3 novembre.