Il avait été gravement blessé lors de la ducasse de Villers-Perwin.

Traditionnellement paisible et familiale, la ducasse de Villers-Perwin a fameusement dégénéré, lors de son édition 2011.

Cette nuit-là, alors que plus de 200 personnes festoyaient encore sous le chapiteau, quelques jeunes du village se sont pris le bec avec une petite bande issue de la bourgade voisine.

Deux policiers qui assuraient la sécurité de l’événement ont donc tenté de séparer les belligérants. Mais à deux face à une meute en furie, ils n’ont pas vraiment fait le poids. "Plusieurs protagonistes se sont emparés de pavés", raconte Me Schonnartz, conseil des inspecteurs. "L’un des agents a vu distinctement Julien L. qui le fixait, un projectile à la main, et lui a demandé de le lâcher. Il s’est ensuite retourné pour répondre à la question d’une jeune femme et a aussitôt reçu un pavé à l’arrière du crâne. Là où ce jet de pierre aurait pu s’avérer mortel, le policier s’en est sorti avec une solide blessure et une quinzaine de points de suture."

Ce vendredi, Julien D. était convoqué devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour répondre de cette rébellion. Si le jeune homme ne s’est pas présenté, son co-prévenu, Sébastien, était bel et bien présent.

Pour celui-là, les faits sont bien moins graves. "Il fêtait son anniversaire et s’est retrouvé au milieu de la bagarre. Lorsque les policiers ont fait usage de leur gazeuse, il a repoussé une barrière Nadar. Il n’y avait pas d’intention méchante dans son chef", a déclaré l’avocate de Sébastien qui réclame son acquittement.

De son côté, le parquet estime que cette barrière a bien été lancée, même si elle n’a pas atteint sa cible. En ce qui concerne Julien, le substitut Verbrigghe s’est montré plus sévère : "Il est dénoncé par un témoin anonyme et reconnu par le collègue du policier blessé. À la vue de la victime, il s’est d’ailleurs enfui", a précisé le magistrat qui réclame une peine de prison ferme.

Le jugement sera prononcé dans un mois.