Sept victimes et quinze préventions reprochées au prévenu. Ces deux chiffres témoignent à eux seuls de la particulière gravité des agissements de Logan, 25 ans. Affichant un physique juvénile, ce dernier a été le bourreau de sept jeunes gamins âgés de 7 à 15 ans. C'est via les jeux vidéos ou via plusieurs réseaux sociaux que le jeune prédateur traquait ses victimes.

Ce dernier reconnaît avoir commis des caresses, des fellations ou des masturbations sur la plupart des victimes. Certains abus ont été commis en pleine partie de Minecraft ou de Fortnite ou en plein cache-cache et autres jeux d'enfants. Il y a notamment eu un jeune garçon de moins de 10 ans, à qui le prévenu avait promis des grades dans les jeux vidéos s'il envoyait des photos et des vidéos de lui le mettant en scène. « S'il n'envoyait pas d'autres photos, alors le prévenu le menaçait de diffuser les photos ou de ne plus être son ami », confirme Me Charles, partie civile. Détail glaçant : Logan était en plein suivi spécialisé pour effacer ses pulsions quand il a agi de la sorte.

Un autre mineur, même pas âgé de 10 ans, était contraint de se soumettre à des actes sexuels sous la menace du prévenu. « Il a menacé de commander un fusil et de tuer sa maman », précise l'avocate des parents du jeune garçon. Un troisième jeune s'est rendu au domicile du prévenu, pour jouer. À la place, il a été sexuellement abusé. « Il lui a fait boire un Red Bull au goût bizarre. Il s'est ensuite senti fatigué et a été victime d'attouchements », rapporte Me Widart, troisième partie civile.

Des centaines de victimes

Logan est également poursuivi pour la détention et la diffusion de fichiers pédopornographiques, mais aussi pour de la cyberprédation. Le jeune homme se faisait passer pour une jeune fille et accostait des mineurs pour obtenir des photos. C'est grâce à la diffusion de fichiers que le comportement ignoble de Logan a pu être révélé aux autorités judiciaires. « Il a été dénoncé par les États-Unis. Son GSM et son ordinateur ont révélé l'existence de plusieurs centaines de fichiers montrant des victimes de 4 à 15 ans », révèle Me Charles. Pour le parquet, ce n'est que la partie visible de l'iceberg. « Certaines victimes ont pu être identifiées, d'autres pas. Le nombre est tellement impressionnant que le prévenu lui-même ne se souvient pas de toutes ses victimes », souligne la substitute Broucke.

La magistrate a décrit le prévenu comme étant quelqu'un « de mal dans sa peau, atteint d'une forme de paraphilie et qui se questionne sur son orientation sexuelle. » Selon elle, Logan présente un risque élevé de récidive et est un danger pour la société quand on sait qu'il était suivi lorsqu'il a commis certains des abus sexuels. Une peine de minimum 10 ans de prison est donc requise, avec une mise à disposition du tribunal d'application des peines de 5 ans.

Sanctionner oui, mais adéquatement

Me Bastianelli, à la défense, est persuadé qu'il existe encore un espoir pour son client de s'en sortir. Une sanction doit être prononcée, mais une sanction adéquate. « On ne naît pas comme ça, mais on le devient à cause d'événements dans la vie. Dans ce cas-ci, le tournant est clairement ce séjour à l'internat où lors de sa première année, il a été abusé par d'autres camarades. » Un strict sursis probatoire est proposé par la défense.

Juste avant la fin de l'audience, le tribunal correctionnel a pu entendre les mots forts de la maman d'une des victimes. « J'ai été moi-même abusée pendant 10 ans et je ne suis pas pour autant une pédophile. Ce n'est pas une excuse. J'ai beaucoup de culpabilité parce que je n'ai pas suivi mon instinct, je ne le sentais pas. » Jugement le 25 mai.