La transformation est spectaculaire : au n°5 du boulevard Audent à Charleroi, une ancienne maison de maître de 840 mètres carrés vient d’être réaménagée en ensemble de coliving. Le coliving, c’est une nouvelle façon d’habiter en communauté un immeuble locatif. Il est en plein développement en Belgique, où la société de gestion locative Ikoab s’impose comme le numéro 1 wallon.

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Quinze mois de travaux ont été nécessaires pour rénover et reconfigurer la « maison Audent », avec sa façade cossue. « L’opération représente un investissement d’un million d’euros », explique Amaury Michiels, l’un des trois cofondateurs d’Ikoab. Remise en conformité de la sécurité incendie, de l’électricité, des techniques spéciales dont un ascenseur, amélioration de l’efficacité énergétique, création de 17 chambres privatives équipées de salles de bains individuelles dans 13 cas, aménagement d’espaces communs : Cuisine équipée collective de 70 mètres carrés, salle à manger, salon, espace de home cinema, coins bureau et enfin au sous-sol salle de sport et de fitness. Sans oublier un rooftop avec bar au troisième étage.

Le bien était occupé par un cabinet d’avocat et l’étude d’un huissier. « Nos architectes ont veillé à préserver les éléments anciens comme les sols, marbres de cheminées, moulures des plafonds et portes en bois. » 

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La maison en rez + 4 accueillera ses premiers habitants en octobre. Neuf colocataires ont déjà réservé. La société de gestion ne s’inquiète pas trop pour les autres, qui devraient trouver rapidement preneurs : le taux d’occupation des immeubles est de 90% à Charleroi où Ikoab a rénové 11 bâtiments qui totalisent 115 chambres. Le loyer oscille dans une fourchette de 400 euros par mois pour les plus petites chambres à 550 pour la premium, le tout meublé. « Il n’y a qu’à poser ses valises et s’installer », sourit Amaury Michiels. Il faut ajouter les charges de 135 euros par mois, comprenant l’électricité, l’eau, le wifi, l’entretien et le ménage. Les baux court terme sont flexibles, pour des durées allant de 3 mois à trois ans. Ce qui répond à une demande du marché. « Ce que nos colocataires apprécient surtout dans le concept, c’est sa dimension communautaire. Activités de groupe, sorties, échanges renforcent les liens. » Le cœur de cible est la tranche des 23-35 ans.

La société travaille sur quatre autres projets dans l’intra-ring, en ville basse et à l’entreville. Avec l’entreprise Koeckelberg, elle vient de racheter à la SNCB l’ancien hôtel des chemins de fer où 76 chambres seront aménagées à l’horizon 2023.

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