Youri Fleron, 29 ans, co-accusé devant la cour d'assises du Hainaut pour le vol avec meurtre commis le 23 octobre 2017 chez Françoise Thys à Charleroi, conteste avoir commandité le vol. Il prétend que son frère Anthony Maitrot, en aveux du vol et du crime, ment. Son avocat, Me De Quévy, a déjà annoncé qu'il plaidera l'acquittement. "Je suis dégouté par ce que mon frère a fait", dit celui qui a gardé le silence durant cinq mois.

Youri déclare qu'il s'entendait bien avec ses frères et sœurs et qu'il jouait le rôle de grand frère auprès d'eux. Comme son frère Anthony Maitrot, il a été placé très jeune en raison de la toxicomanie de leur maman. Mauvais élève, grossier, il a néanmoins obtenu son CEB, balloté entre Charleroi et Bruxelles. Il s'est dirigé vers l'Horeca mais a arrêté l'école à 17 ans. Un an plus tard, il rencontrait la mère de ses quatre enfants, sa grande passion. Avant son arrestation, il vivait du chômage et des allocations familiales, travaillant au noir sur le côté. 

Quand le juge d'instruction a levé le mandat délivré à son encontre, Youri a travaillé dans une société spécialisée dans les ascenseurs. Il est détenu pour ce procès. 

Toxicomane, il a commis des infractions étant mineur et puis des infractions en matière de roulage une fois adulte. Il a été condamné en correctionnelle pour des coups portés sur un mineur, "à cause de mon frère encore", vol avec violence, escroquerie, recel. En 2011, Youri a commis un vol chez des personnes âgées et a été condamné en 2015 à trente mois de prison avec un sursis qui est toujours d'actualité. Il commettait les faits avec un autre frère et il a joué les intermédiaires dans le cadre d'une escroquerie, avec le concours de voisins, dans le but d'obtenir un prêt. 

Youri avoue avoir incité son frère Anthony Maitrot à commettre des vols dans des voitures pour s'en sortir dans la vie, "mais il savait voler tout seul, je n'avais pas besoin de le forcer". 

En 2017, il s'est installé à la rue de Heigne en face de chez la victime. Il avait recueilli Anthony chez lui. "Il ne faisait rien et il avait du mal à se lever. Il faisait n'importe quoi avec son argent quand il en avait", dit-il au sujet de celui qui l'accuse d'avoir commandité le vol chez Christiane Thys. "Le soir du crime, il m'a dit qu'il s'était disputé avec cette femme car elle l'avait insulté. En aucun cas, je ne l'ai envoyé commettre un vol. Il s'est préparé et je ne regardais pas ce qu'il faisait. Je n'ai jamais vu le couteau, ni la cagoule". 

Youri dit que son frère est parti deux heures. "Il est rentré avec la télé et il m'a demandé de le couvrir. Il m'a dit qu'il avait tué la voisine. Je l'ai insulté de tous les noms. J'étais paniqué, incapable d'appeler la police. J'ai réagi en tant que grand frère et pas en tant qu'homme. Je lui ai dit de tout ramener là-bas, je ne voulais rien à la maison". 

Il conteste les déclarations d'un témoin qui prétendait qu'il avait manifesté le désir d'aller commettre un vol chez la victime. Il conteste avoir eu des échanges avec son frère avant de comparaitre devant la chambre du conseil. "Si javais su ce qui allait se passer, jamais je ne l'aurais laissé partir", conclut l'accusé. 

La cour entendra le juge d'instruction, les enquêteurs et les médecins légistes dans l'après-midi.