Lorsqu’on évoque une forêt, un sous-bois ou un verger… notre regard se tourne rarement vers nos autoroutes en Wallonie. Une erreur… Comme l’ont en effet rappelé ce mardi matin les ministres wallons de la Nature et des Infrastructures, Céline Tellier et Philippe Henry, nos grands axes sont des terrains particulièrement propices à la plantation de (très) nombreux arbres. Parallèlement au programme Yes we Plant et à cette volonté wallonne de planter 4 000 kilomètres de haies (ou 1 million d’arbres) en Wallonie à l’horizon 2024 (d’ici fin de la législature), de nombreux opérateurs wallons participent à cet effort collectif ; dont la Sofico et le SPW Mobilité et Infrastructures donc.

Ce mardi en effet, Céline Tellier et Philippe Henry ont planté les “derniers” arbres de la saison, dans l’échangeur de Beaufays (sens Liège-Luxembourg). Ici, plusieurs dizaines de merisiers sont venues s’ajouter aux 100 000 arbres déjà plantés en deux ans sur les deux réseaux (autoroutes wallonnes et routes nationales).

Le bon arbre au bon endroit

Comme l’indique Harold Grandjean, directeur de la direction d’étude environnementale et paysagère (Deep), à la manœuvre dans ce projet, l’objectif est ici multiple. Outre le bénéfice de ces arbres pour la biodiversité et l’intérêt paysager, “planter des arbres le long des routes accentue la lisibilité de ces routes”. La question est donc aussi sécuritaire… et même sociale. “En effet, dans certaines zones, nous plantons aussi des vergers, comme le long des Ravel”. Le long des routes et des cours d’eau, une plantation raisonnée de hautes et de basses tiges permet également de lutter contre de nombreuses espèces invasives, comme la Renouée du Japon, particulièrement néfaste pour notre biodiversité.

Bien sûr, une gestion raisonnée et durable nécessite de planter “le bon arbre au bon endroit”, rappelait Harold Grandjean. Ainsi, pas question de développer des plants forestiers n’importe où. On les retrouve davantage le long des autoroutes et grandes nationales. Les plants haute tige sont quant à eux placés à l’arrivée de l’automne jusqu’à la fin du mois de mars, afin de favoriser la reprise de ces espèces. “Et les marchés conclus prévoient un suivi de ces plantations pendant 5 ans”.

2 millions en 2 ans

En 2022, on dénombre donc pour les deux réseaux confondus plus de 72 000 plants pour un budget total de plus de 1,1 million. Plus de 100 000 arbres ont été plantés en 2 ans (budget de 2 millions) “et il y en aura minimum 150 000 autres d’ici la fin de la législature”, promet Céline Tellier qui rappelle également l’effet positif lors de pics de pollution comme nous en avons connu ces derniers jours.

Et nul besoin de préciser que les possibilités sont vastes. La Sofico gère environ 2 700 kilomètres de voiries (autoroutes, nationales et échangeurs), tandis qu’elle bénéficie du support technique du SPW MI qui assure l’entretien de 7 000 kilomètres de routes et plus de 3 500 kilomètres de pistes cyclables.