Le dossier de la Chartreuse devant la justice de Paix

Liège Le promoteur a fait une demande d’expulsion.. les militants étaient présents.

Le dossier de la Chartreuse devant la justice de Paix
©TONNEAU

Ils n'étaient qu'une dizaine, membres de l'association Un Air de Chartreuse, au premier étage du palais de justice de Liège (Justice de Paix) ce lundi midi. Mais, devant les portes du bâtiment, rue du Palais, le rassemblement des militants de la Chartreuse était plus conséquent… Ceux qui défendent en effet la sanctuarisation (totale) du site de la Chartreuse étaient venus assister à l'examen par un juge de paix de la demande d'expulsion de toute personne se trouvant sur le site, "sans titre ni droit" ; demande introduite par le groupe Matexi. Précisément, il était question pour l'avocat du promoteur de préciser la parcelle concernée par l'expulsion et les délais d'exécution (jusqu'à la fin septembre a-t-on appris)… parcelle qui est donc occupée depuis plusieurs semaines déjà par des citoyens désireux de "sanctuariser" les lieux. Intégralement.

Le dossier de la Chartreuse devant la justice de Paix
©M.B.

En effet, si le site de la Chartreuse est vaste de plusieurs dizaines d’hectares, c’est sur une parcelle de 2,5 hectares que Matexi envisage la construction de 35 maisons et 13 appartements en deux blocs. Pas de quoi dénaturer les espaces verts estime-t-on du côté du promoteur qui, pour rappel, est propriétaire et a obtenu son permis (lire ci-contre).

"Peur de l'effet tache d’huile"

Sans surprise pourtant, c'est avec un autre regard que les militants d'un Air de Chartreuse évoquent ces 2,5 hectares de friches vertes… "Ce que nous regrettons, c'est qu'il en faut toujours plus dans ce genre de projet", déplore cette riveraine de la Chartreuse, qui avait fait le déplacement ce lundi midi, "c'est l'effet tache d'huile. On assure qu'on ne touchera pas au reste mais on va manger tout le parc de la Chartreuse si nous laissons faire. Pourtant, ces espaces verts sont vraiment importants pour nous. Pendant le Covid par exemple, c'était un endroit magique, on pouvait s'y promener, se parler entre voisins".

Pour Pierre Wacquier, membre du collectif citoyen, l'importance du maintien de cette parcelle de zone verte dépasse par ailleurs l'aspect symbolique, "car il s'agit d'une zone humide et d'une forêt primaire. Il n'est pas question ici d'un phénomène nimby, de gens qui veulent juste préserver le fond de leur jardin. Cette zone à un réel intérêt"… Et d'avouer ne pas avoir confiance dans les promesses faites, tant par le promoteur que par les autorités, pour la préservation de la Chartreuse dans son ensemble.

Matexi : "Le parc est préservé"

Bien que le groupe Matexi ait introduit cette demande d’expulsion, une décision du juge de paix allant dans le sens du groupe immobilier ne signiferait pas, de facto, une expulsion des militants du site de la Chartreuse… Du moins c’est ce que promet aujourd’hui le promoteur immobilier, par la voix de Philippe Rusak, responsable du projet de la Chartreuse pour Matexi. “Notre objectif avec cette démarche et en effet de préserver nos droits”, explique le responsable du projet, “mais pas de procéder à une expulsion dans l’immédiat”. Le souhait exprimé chez Matexi serait donc d’aboutir à un accord, “à une solution négociée”, indique encore Philippe Rusak. Face à l’opposition citoyenne, Régis Ortmans, directeur du groupe Matexi, rappelle également “que nous sommes propriétaires de cette parcelle et que nous avons un permis”. Et d’invoquer dès lors “l’État de droit”. En outre, les ravages dénoncés seraient largement contestables : “avec ce projet, le parc est préservé, on ne le souligne pas assez. Notre projet ne touche pas au parc mais concerne une parcelle qui était bétonnée, occupée par un ancien hangar militaire”.

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