Oupeye dit "Non à l’extension des Hauts-Sarts"

La commune demande à la Spi de renoncer au projet d’extension de la zone économique.

Oupeye dit "Non à l’extension des Hauts-Sarts"
©TONNEAU

Voici depuis 2015 que le projet d’extension des Hauts-Sarts (zone 4), plus grand parc d’activités économiques de Wallonie, est dans les cartons. La Spi a reçu son permis de bâtir, mais reste en attente de la signature de l’arrêté ministériel de reconnaissance de zone par le ministre wallon de l’Économie Willy Borsus pour démarrer les travaux.

Opposée depuis le début au projet, la commune d’Oupeye a voté unanimement lors de sa dernière séance de conseil communal une motion demandant à la Spi de renoncer définitivement au développement de ce projet d’extension, qui concerne quasi exclusivement son territoire.

Les signataires s'appuient sur les arrêts du Conseil d'État numéros 30.003 et 30.004 du 5 mai 1988 qui précisent que "le conseil communal est tenu de veiller à ce que l'avenir de la commune soit un avenir heureux". Or, "dans le contexte actuel, l'extension du projet économique des Hauts-Sart n'est absolument pas de nature à offrir à la commune d'Oupeye et à ses habitants 'un avenir heureux'", peut-on lire sur le document.

La commune avance deux arguments de poids contre ce projet. "Il s'agit d'un projet d'un autre temps", commente le bourgmestre Serge Fillot. "D'un point de vue économique, on estime qu'il y a d'autres priorités comme la reconversion des 197 ha du site de Chertal en voie de dépollution. Un parc d'activités comme celui des Hauts-Sarts est un modèle économique dépassé".

Disproportionné

Mais ce qui pose encore plus problème pour la commune d'Oupeye, c'est le financement de ce projet d'extension. "Ce n'est pas finançable", appuie le mayeur. En 2015, selon les chiffres avancés par la Spi, le coût de la quote-part communale (20 %) s'élevait déjà à 6,356 millions d'euros TVAC. Après les sept indexations annuelles, "ce chiffre pourrait être réestimé aux alentours de 8 millions d'euros !". Une dépense qui "mettrait les finances communales en grande difficulté", d'autant plus que la commune présente "un déséquilibre budgétaire compte tenu des aléas que connaissent actuellement les pouvoirs locaux" (indexation, flambée du coût des énergies, augmentation de la dotation du CPAS…). Alors que la commune engrange des recettes de l'ordre de 34 millions d'euros, "la dépense représente près d'un quart des rentrées financières".

Selon la commune, "la clé de répartition de la Spi fait peser une charge financière trop disproportionnée sur les pouvoirs locaux de manière générale", alors que le projet ici "dépasse de loin le seul territoire oupeyen" de par sa "zone de chalandise". Par ailleurs, "la question de fond relative au financement est transposable aux autres communes de la région liégeoise". Affaire à suivre…

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be