Lantin : Un gardien reconnu coupable de violence envers un détenu

L’homme a été filmé en train de porter des coups de poing et de genou à la victime

Sarah Rasujew
Lantin : Un gardien reconnu coupable de violence envers un détenu
©TONNEAU

La cour d'appel de Liège a accordé une suspension probatoire du prononcé à un gardien de la prison de Lantin qui devait répondre d'avoir commis une scène de coups sur un détenu. Le 16 juillet 2019, l'agent pénitentiaire s'est retrouvé en présence d'un détenu qui s'est saisi d'un document. Le détenu a refusé de rendre le document. " Je voulais l'intercepter et le neutraliser", a indiqué le prévenu. "Il s'agissait d'un détenu menaçant. Il m'a insulté et menacé. Il a posé ses mains sur moi." Le détenu n'aurait pas respecté les demandes de l'agent. "Il a posé une seconde fois ses mains sur moi."

Les faits ont été filmés. Le parquet général a retracé la chronologie des faits. Selon le parquet général, l'agent a plaqué le détenu contre la grille. Il lui a porté des coups de poing au torse et des coups de genou. Des collègues sont ensuite intervenus. "On peut interpréter que les coups sont portés et moi je conteste en disant que les coups sont retenus. J'ai porté des coups dans le vide", a déclaré le prévenu.

Le parquet général a estimé que la prévention de coups et blessures était établie. Le magistrat avait requis une peine de six mois de prison et une amende, sans s'opposer au sursis probatoire, avec notamment une formation à la gestion de la violence. Me Colin Gilissen, avocat de la défense avait pour sa part estimé qu'il s'agissait d'une scène d'escalade. "Il s'agit de manoeuvres de maitrise", a estimé l'avocat. "Il s'agit d'un usage proportionné de la force. Mon client s'est senti dépassé. La direction de la prison a établi un rapport uniquement à charge. La directrice est allée jusqu'à dire que le détenu a été tabassé."

L'avocat a souligné qu'aucun certificat médical n'avait été déposé au dossier et que le détenu n'avait pas demandé à être vu par un médecin. "Il n'y avait pas de trace de coups, de saignement ou de rougeur. Le détenu a d'ailleurs été placé en cellule de punition pendant deux jours. Il a été vu par le directeur et un médecin comme c'est la procédure et aucun n'a vu de trace de coups. "

Me Gilissen a souligné que son client exerce un métier qui n'est pas simple. "Il ne s'agit pas d'un gardien violent qui tabasse un détenu", a estimé l'avocat qui a demandé une suspension du prononcé ou une peine de probation autonome. La cour a accédé à cette demande.

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