Lantin : Un innocent violé en prison ?

Le suspect n’aurait pas été confronté à la victime comme il le demandait

Sarah Rasujew
Lantin : Un innocent violé en prison ?
©TONNEAU

Un homme encourt une peine de trois ans de prison ferme devant la cour d’appel de Liège pour avoir commis une agression à caractère sexuel non loin de la gare du palais à Liège. Les faits auraient été commis dans le courant de l’année 2017. Une jeune femme qui se trouvait sur place a été abordée par un individu. Ce dernier, sous un prétexte fallacieux, s’est approché d’elle. Il l’a ensuite agressée. Il lui a porté un coup de poing au visage avant de lui lacérer le corps avec un objet tranchant. Le suspect l’aurait ensuite touchée à l’entrejambe avant de prendre la fuite. Peu de temps après, elle a identifié un homme comme étant l’auteur de cette violente agression. Elle a déclaré qu’elle l’avait déjà vu dans les rues de Liège.

Selon ses déclarations, l’homme aurait été SDF et régulièrement dans les rues de Liège. Elle a reconnu le suspect sur un panel photographique. Elle a déclaré qu’il était atteint de pelade et avait des points de beauté dans le visage. Elle n’a par contre pas mentionné qu’il avait une grande cicatrice sur le visage, ce qui est le cas du suspect. Un homme a été arrêté et incarcéré à Lantin. Malgré ses dénégations concernant le dossier à sa charge, le 15 janvier 2020, il a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour une année. Lors de cette incarcération, il s’est retrouvé à l’étage réservé aux prédateurs sexuels.

Le 18 décembre 2020, il s’est plaint à la direction de l’établissement à la suite de vives douleurs à l’anus. Il a demandé à être vu par un médecin. Le praticien a constaté que le détenu souffrait de lésions anales. Il a également constaté la présence de sperme sur la victime. Le plaignant a déclaré qu’il ne se souvenait de rien. Le médecin a estimé qu’il avait peut-être été drogué. Le détenu a été transféré dans un hôpital liégeois. Il a expliqué aux enquêteurs que la nuit précédente, il avait dormi d’un sommeil particulièrement profond et avait eu des difficultés anormales à se réveiller le matin. A son réveil, il a constaté des tâches gluantes sur ses vêtements. Lorsqu’il s’est rendu aux toilettes, il a ressenti d’importantes douleurs. Des douleurs qui ont perduré. Selon lui, il existait une mésentente certaine entre lui et son codétenu. Un rapport toxicologique a démontré que le plaignant avait ingéré du Trozadone, un médicament antidépresseur à effet sédatif et qui était prescrit à son codétenu ! Il présentait également des traces de blessures compatibles avec un viol.

Depuis, le suspect a été expulsé dans son pays d’origine. Me Maxime Toller, son avocat, a souligné que son client n’avait pas été confronté à la victime et qu’il existait un doute quant à l’identité de l’auteur des faits. En effet, le panel qui a servi à le reconnaitre n’est pas joint et la victime a donné une description de l’auteur qui ne correspond pas avec son client. L’avocat a également plaidé le dépassement du délai raisonnable. La cour rendra son arrêt en septembre prochain.

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