Fusions des communes : un air de Basse-Meuse réunie ?

Oupeye-Herstal ; Visé-Dalhem ; Bassenge-Juprelle… c’est tout à fait envisageable.

Fusions des communes : un air de Basse-Meuse réunie ?
©TONNEAU

La question de la fusion des communes ne parle pas aux plus jeunes… mais résonne dans l’oreille des anciens comme une époque de grandes manœuvres (politiques). C’est dans les années 70 en effet que, face à la multiplicité inouïe des entités communales, il fut décidé de fusionner celles-ci afin d’atteindre un nombre (et une taille) respectable de communes… Et le 1er janvier 1977, le pays passait de 2 359 communes à 596. En province de Liège, le nombre de communes fut réduit à quelque 84 communes. Fini Liers, Vottem, Milmort, vive Herstal ; bye bye Tilff, vive Esneux ; Au revoir Rocourt, Angleur, Chênée, Grivegnée, Bressoux, etc... vive Liège. Entre autres.

Plus de 40 années plus tard, cette grande opération de rationalisation de services refait surface, question de pragmatisme est-on tenté d’écrire et, très récemment, après cette annonce de la fusion volontaire de la commune de Broseek avec Anvers, ce sont les communes de Bastogne et Bertogne qui ont manifesté leur souhait de s’unir. Pour le meilleur et pour le pire…

Le ministre consulte

Comme on s’en doute bien sûr, fusionner deux entités distinctes n’est pas chose aisée… Pourtant, un coup d’accélérateur important vient d’être donné au niveau de la Région wallonne puisque ce mardi 28 juin 2022, le texte détaillant le cadre d’éventuelles fusions (en conformité avec le Code de la démocratie locale) a été voté en commission et adopté à l’unanimité (moins une voix PTB). Il doit être voté en séance plénière d’ici 15 jours… Et le Ministre des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon d’annoncer qu’il allait visiter les communes de moins de 12 000 habitants. Une récente étude a d’ailleurs conclu que, pour être viable, en Wallonie, les communes devaient compter au moins 15 000 habitants. On comprend ici que l’intérêt est, aussi, financier. D’ailleurs, un incitant financier de la Région wallonne fixe à 500 euros par habitant (plafonné à 20 millions d’euros) le montant octroyé aux nouvelles entités fusionnées.

Octobre 2022, élections 2024

Le temps des communes est désormais compté est-on tenté d’écrire puisque, pour être prêt en 2024 (élections communales), il est demandé aux communes intéressées de soumettre une proposition au Gouvernement wallon pour le 31 octobre 2022 au plus tard (reprenant données cadastrales, limites et nom de la nouvelle commune). Et le Gouvernement de décider pour le 31 décembre s’il présente ou non la proposition de fusion.

On s’en doute, dans les couloirs des administrations communales, certains se prennent à rêver… à juste titre. C’est ainsi qu’en Basse-Meuse liégeoise, certaines rumeurs font état aujourd’hui de possibles fusions… imposantes. Puisqu’il semble plus judicieux de fusionner deux communes qui "s’accordent" d’un point de vue politique et social, il se murmure que Herstal et Oupeye pourraient se dire "oui" et devenir ainsi la deuxième commune en termes d’habitants de la Province (65 000), derrière Liège et devant… Seraing. En agissant de la sorte qui plus est, Herstal intégrerait des zones hautement symboliques du bassin liégeois, en pleine reconversion, Chertal. Un point qui n’a pas dû échapper au bourgmestre en titre Frédéric Daerden (également président du PS liégeois).

Et les autres ? Dans la même logique, on entend parler, en Basse-Meuse, de fusions entre Visé et Dalhem ou encore entre Bassenge et Juprelle.

Herstal-Oupeye… ou Albertville ?

C'est sans doute car il habite l'une des communes liégeoises les plus au Nord de la province qu'il ne le perd pas… le Nord. Face à la réflexion qui se met en place aujourd'hui, Mauro Lenzini, député wallon et ex-bourgmestre d'Oupeye, a en effet déjà sorti sa calculette et réfléchi… à une "grande Oupeye". "Je pense qu'avant tout, il faut consulter la population pour ce type d'opération mais, effectivement, il y a chez nous un autre enjeu, qui ferait d'Oupeye la deuxième plus grande commune de la province de Liège", nous indique-t-il.

Oupeye ? "En effet, si on se base sur la terminologie liée aux cantons électoraux, c'est la commune dont la superficie est la plus grande qui donne son nom à l'entité". Et sur ce coup, Oupeye est un chouïa plus grande que Herstal.

Mais pour ne fâcher personne, il pense qu'il serait préférable de s'accorder sur un nouveau nom… "en prenant ce qui lie nos deux entités : le Canal Albert". Au revoir Herstal, au revoir Oupeye… bienvenue Albertville !

"Vraie synergie entre Herstal et Oupeye"

Frédéric Daerden, bourgmestre en titre de Herstal, nous le dit d’emblée… “Il n’y a pas de projet de fusion entre Herstal et Oupeye”. Néanmoins, il l’avoue : “cette réflexion, je l’ai déjà eue”. Et pour cause : “il y a entre nos deux entités des éléments de proximité et de cohérence. C’est le cas avec Basse-Meuse Développement”. Chertal ? “L’entrée est sur Herstal, la suite sur Oupeye… quand on se déplace, on ne voit pas la frontière”. Mais il le précise aussi : “Les éléments qui sont à la base de la réflexion sur les fusions sont le fait de rendre un meilleur service aux citoyens et donc, c’est pertinent là où la survie des communes, plus petites, n’est pas évidente”.

"À Oupeye, nous ne sommes pas demandeurs"

Serge Fillot, bourgmestre d’Oupeye, ne le cache pas non plus… cette fusion a déjà été évoquée avec Herstal mais elle n’est pas à l’ordre du jour. “En effet nous ne sommes pas demandeurs”. En cause ? “Nous sommes déjà une commune importante, 26 000, bientôt 27 000 habitants. Et Oupeye et ses villages n’ont en quelque sorte pas encore digéré la fusion de 1977. Nous n’avons pas d’intérêt à nous diluer encore plus alors que nous sommes déjà grands. Sans compter que, avec une telle fusion, je ne perçois pas bien l’intérêt du citoyen”. En outre et comme l’habitant d’Hermalle le souligne : “le bassin de vie des habitants d’Oupeye est plus tourné vers Visé”.

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