Liège : Le prof soupçonné d’avoir provoqué l’agression d’un élève !

L’homme serait sorti de la classe en demandant aux jeunes de frapper leur condisciple en se filmant

Sarah Rasujew
Liège : Le prof soupçonné d’avoir provoqué l’agression d’un élève !
©D.R.

Un professeur âgé de 52 ans, qui enseignait la technologie et le travail du fer dans une école d’enseignement spécialisé de la province de Liège encourt une peine de dix mois de prison avec sursis devant le tribunal correctionnel pour avoir incité ses élèves à en agresser un autre, un jeune déficient mental et à filmer la scène ! Le parquet a également requis des peines de travail à l’encontre des deux jeunes qui ont commis les faits.

En février 2018, ce professeur a eu l'idée de réaliser, selon ses dires, une "vidéo pédagogique avec un débriefing réalisé par la suite." En réalité, selon plusieurs témoins, il a dit qu'il allait quitter la classe et demandé à plusieurs élèves de frapper un autre, un jeune déficient mental ! Le professeur a également demandé aux élèves de filmer les faits. Un des élèves a utilisé une règle en bois et l'autre un balais pour s'en prendre physiquement à leur condisciples.

Et comme si une seule scène ne suffisait pas, le professeur a décidé de reproduire une seconde fois ce comportement. Même les supplications et les pleurs du jeune homme n'ont pas réussi à empêcher une seconde scène de coups. Dès que la direction a été informée des faits, le professeur a été écarté. Selon le parquet, les faits ont été prémédités, au moins lorsqu'il est sorti une deuxième fois de la classe pour que les élèves frappent leur condisciple. " En sortant, il savait ce qui allait se passer", a indiqué le parquet. "Il ne porte pas de coups, mais j'estime que le fait d'avoir laissé agir en toute conscience les différents élèves, il savait, au moins la deuxième fois, ce qui allait se passer. La victime l'a supplié de ne pas sortir et pleurait. Il avait autorité sur les élèves. Il devait réagir et mettre un terme à ces comportements infractionnels et totalement inadmissibles. Il a carrément incité à frapper selon les témoins."

Le parquet souhaite ardemment que cet homme ne fasse plus partie du corps enseignant. Me Cécile Firket s'est constituée partie civile pour le jeune étudiant qui a été frappé. Ce dernier s'est exprimé avec beaucoup de difficultés devant le tribunal. Il pleurait et tremblait, toujours ému de cette mésaventure. Des élèves ont expliqué que sans les incitations du professeur, les élèves n'auraient jamais frappé le jeune homme. "Si les vidéos existent toujours c'est parce que je n'ai pas cherché à les effacer", a déclaré le professeur suspendu. "J'aurais pu les effacer. C'était un exercice avec undébriefing après", a-t-il poursuivi.

Les deux jeunes hommes qui ont commis les faits, également déficients mentaux, ont présenté leurs excuses à la victime et à ses parents. Seul l’un d’eux était présent devant le tribunal. Il a une nouvelle fois présenté ses excuses. Il a serré dans ses bras la victime, mais aussi des membres de sa famille. Son avocat a plaidé la contrainte irrésistible en estimant que le jeune homme n’avait pas eu le choix, mais aussi une peine de travail. L’avocate du professeur a plaidé un acquittement en estimant que son client n’était pas responsable des faits ou une suspension du prononcé. Le tribunal rendra sa décision en septembre.

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