Liège : Il a porté 22 coups de couteau à son épouse

Le parquet général a requis une peine de cinq ans de prison ferme à l’encontre de l'octogénaire qui s’était éventré

Sarah Rasujew
Liège : Il a porté 22 coups de couteau à son épouse
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Etienne, 80 ans encourt une peine de cinq ans de prison ferme devant la cour d’appel de Liège pour avoir, le 10 juin 2021, porté vingt-deux coups de couteau à son épouse âgée de 87 ans dans un appartement situé le long du boulevard d’Avroy à Liège. L’homme s’est ensuite éventré. Les deux victimes ont pu être sauvées par les secours. C’est une bien triste histoire qui a été évoquée devant les magistrats. Cela fait de nombreuses années qu’Etienne est dépressif. Sa santé ne s’améliorant pas avec les années, l’homme broie des idées suicidaires depuis un certain temps. Il a décidé d’en finir avec la vie et d’emporter avec lui son épouse.

L'homme a rencontré celle qui partage sa vie depuis toujours alors qu'il était âgé de 19 ans. Etienne, dépressif depuis des années et diminué physiquement, a fini par avoir des idées suicidaires. Le jour des faits, il s'est rendu dans la cuisine puis est revenu vers son épouse, armé d'un couteau. Il lui a porté vingt-deux coups de couteau dans le dos avant de s'éventrer… Lors de son audition à la police, l'homme avait eu des mots très durs et peu rassurants. "Je me sens en dessous de tout et j'ai envie d'aller me jeter sous un train."

Devant les magistrats, il a expliqué son geste d'abord pas une volonté suicidaire. "Je voulais attenter à ma vie d'abord", a indiqué le prévenu devant les juges. Depuis l'épouse d'Etienne a pardonné les faits. " Elle a un peu Alzheimer et tout cela. De mon côté, j'ai été opéré de la vessie. Je ne savais plus faire mes besoins normalement, tout cela s'est mélangé. "

En août 2019, l'homme a fait l'objet d'une demande d'analyse pour savoir si il ne souffrait pas déjà d'un trouble mental, mais le psychiatre a répondu par la négative. " J'étais en dépression." Une expertise mentale a été réalisée après les faits. L'expert a estimé qu'au moment des faits, il souffrait de dépression majeure qui aurait pu abolir en partie sa volonté. Le tribunal avait estimé qu'Etienne se trouvait dans un état qui a aboli sa responsabilité et qu'il se trouve toujours dans cet état qui pourrait le rendre dangereux pour lui-même ou autrui.

Le juge avait décidé de son internement. Mais l'avocat d'Etienne a fait appel de cette décision. "L'avis de l'expert ne doit pas être absolument suivi", a estimé Me Wintgens, l'avocat du prévenu. " Mon client n'est pas gravement atteint dans sa capacité de discernement."

L'avocat a pris contact avec des centres spécialisés pour une prise en charge de son client. " Un service spécialisé accepte de le prendre en charge à sa sortie de prison. Une équipe va déterminer si il est possible de le maintenir à son domicile avec de l'aide. Soit l'équipe estime qu'il est capable de réintégrer son domicile familial avec une aide."

Une possibilité qui ne semblait pas agréer la cour puisque l’expert psychiatre a estimé qu’il pouvait y avoir un danger pour son épouse. Me Wyntgens a alors évoqué la possibilité d’une hospitalisation dans un centre de soins. La cour rendra son arrêt à la mi-juillet.

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