"Nous sommes au pied du mur, des choix s’imposent", explique le bourgmestre de Fléron

Le bourgmestre Thierry Ancion tire la sonnette d’alarme du côté des finances.

"Nous sommes au pied du mur, des choix s’imposent", explique le bourgmestre de Fléron
©Michel Tonneau

Les temps sont durs pour les communes : hausse du prix de l’énergie et des matériaux, indexation des salaires… Après des années à l’équilibre, à Fléron, les finances communales vivent des heures difficiles.

"Le tarmac, par exemple, a augmenté de 30 % tandis que le gaz a plus que doublé. Ce n'est pas tenable malgré les réserves et provisions qu'avait précautionneusement engrangées le collège en vue d'éventuels coups durs", a expliqué le bourgmestre Thierry Ancion lors du dernier conseil communal. "Nous devons répercuter le montant de la seule hausse des coûts des énergies - 800 000 euros - dans un budget annuel fixe de 20 millions d'euros. Il est impossible, même avec une gestion prudente, d'absorber une telle dépense aussi forte que subite."

Exceptionnellement, pour y faire face et rester à l’équilibre en 2022, le collège a pu bénéficier des conseils avisés du CRAC (centre régional d’aide aux communes), en déplaçant les réserves en recettes.

Concernant le budget 2023, la commune est confrontée à une réalité plus douloureuse. "Nous sommes au pied du mur, nous allons devoir faire des choix", a affirmé le bourgmestre. L'ensemble des services communaux ont été mis en alerte par le collège et la direction générale. "Une gestion saine et responsable ne suffit plus, il faut dorénavant repenser chaque action, chaque mesure, chaque projet."

Un virage important

Le défi est grand : "Il s'agit d'un virage important pour notre commune. La situation exceptionnelle et inédite nous oblige à réfléchir et travailler différemment, mais aussi à recentrer nos missions." Le collège se mettra au vert en juillet "afin de réévaluer l'opportunité de chaque dépense consentie et la manière dont elle l'est".

Un événement comme "Artistes de chez nous et d'ailleurs" sera par exemple annulé cette année. "L'expo est un événement festif et très apprécié, mais financièrement peu viable. À regret, nous ne pouvons plus nous permettre de le maintenir."

La piscine est aussi au centre d'une grande réflexion. "Si nous ne sommes pas soutenus par la Région pour la rénovation et les dépenses de fonctionnement, nous ne pourrons maintenir une piscine communale qui exige de trop grandes quantités d'énergie." La piscine, rappelle-t-il, "c'est un déficit annuel de 600 000 euros ! Chaque entrée (fixée à 2,5 - 3 €) représente un coût de 11 € par nageur. Cela comprend le chauffage, l'électricité, l'entretien du bassin, des cabines, le personnel, les maîtres-nageurs…)".

Le collège se fixe toutefois des garde-fous. Il s'engage à ne pas procéder à des licenciements secs et à préserver les services à la population. "Mais au cas par cas, les départs ne seront pas remplacés et des réorganisations de services seront opérées." Les entités qui gravitent autour de la commune (CPAS, RCA, zone de police…) seront soumises aux mêmes efforts.

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