Un risque de récidive élevé

Assises Chloé Stévenin comparaît aux assises de Liège pour le meurtre de Thierry Vanderveck.

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Un risque de récidive élevé
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Chloé Stévenin présente un risque de récidive violent élevé, ont indiqué mercredi les experts psychologues et psychiatres devant la cour d’assises de Liège.

Thierry Vanderveck (41 ans) avait été tué d’un coup de couteau porté dans le cœur le 10 décembre 2017 à Herstal. Chloé Stévenin lui avait porté ce coup de couteau lors d’une querelle. Elle était âgée de 19 ans au moment des faits et elle avait entretenu une liaison avec Thierry Vanderveck, âgé de 41 ans.

Chloé Stévenin a été livrée à elle-même durant sa jeunesse. Ses antécédents psychiatriques sont assez chargés, après diverses tentatives de suicide, scènes d’automutilation et une polytoxicomanie qui a débuté à l’âge de 15 ans.

Selon le psychiatre Schena, l’accusée présente un trouble grave de la personnalité borderline et une antisocialité manifeste qui confine à la psychopathie. Cette psychopathie se distingue par un manque total d’empathie, de la manipulation et des mensonges.

Un grand cœur

Le psychologue Devoitille a évoqué des signes d’impulsivité et une limitation intellectuelle. Son niveau intellectuel normal faible est évalué entre 80 et 89 de QI. L’expert relève une composante psychopathique, avec un niveau de psychopathie et d’antisocialité assez élevé. Le risque de récidive violent est élevé et sa personnalité est figée.

Les derniers témoins ont encore évoqué la personnalité de Thierry Vanderveck, décrit par une de ses sœurs comme un homme généreux, qui avait un côté bienveillant et qui se sentait capable de sauver les gens. Il se sentait différent et responsable des gens qu'il voulait aider. "Il était charismatique, il avait un grand cœur, beaucoup d'humour et il était respectueux", a indiqué le témoin. L'homme a tout de même été condamné en janvier 2007 à 25 ans de prison pour vol avec violences ayant causé la mort d'une personne sans intention de la donner ainsi qu'un meurtre sur une autre personne.

La synthèse de l’enquête de moralité de Chloé Stévenin retient qu’elle a été affectée par l’alcoolisme de sa mère, qui l’a délaissée. Elle n’a jamais travaillé et commettait des larcins pour obtenir de l’argent. Elle s’est aussi adonnée à la prostitution.

Pour les parties civiles, il s'agit d'un meurtre

Mercredi après-midi, les avocats représentant les différentes parties civiles estiment que Chloé Stévenin doit être déclarée coupable d’avoir commis le meurtre de Thierry Vanderveck.

Me Emeline Thône regrette l’attitude de l’accusée. “Elle s’est comportée de façon lamentable depuis le début du procès. Elle rigole pendant les débats et se moque des conséquences de son procès”, indique l’avocate.

Me François Dessy a aussi insisté sur la qualification de meurtre à retenir contre Chloé Stévenin. L’avocat a relevé que l’accusée dit avoir été malmenée par Thierry Vanderveck mais qu’elle ne présentait pas la moindre trace de coups. Il épingle aussi les nombreux changements de version de Chloé Stévenin. “Sa ligne de défense est une pure invention. A-t-elle voulu tuer ? Il n’y a qu’une seule réponse : elle n’a pas voulu autre chose qu’éliminer froidement et sans détour Thierry Vanderveck. Elle a porté un seul coup, avec une précision inégalable, dans une zone choisie”.

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