Vers un non-lieu pour le policier qui a abattu le Hutois

Huy Chambre du conseil > Non-lieu pour le policier hutois qui, en janvier dernier, n’avait eu d’autre choix que d’abattre Charles Crahay ? C’est ce qu’ont demandé ministère public et défense devant la chambre du conseil hier.

Catherine DUCHATEAU
mortel%20Huy%201-0630.jpg

On s’en souvient encore… Le 9 janvier dernier, il était aux alentours de midi lorsqu’un Hutois, habitant avec sa maman à la rue Paul Carré, était sorti de chez lui armé d’une longue épée. Détruisant avec son arme deux voitures appartenant à des voisins. Bien vite, les riverains appelaient la zone de police de Huy qui envoyait sur place deux de ses hommes pour des faits de dégradations de véhicule. Sauf que lorsque les deux policiers arrivent rue Paul Carré, ils se retrouvent en pleine scène apocalyptique. Le Hutois a balancé par la fenêtre de nombreux objets. Il aurait aussi saccagé l’appartement. Lorsqu’il ressort de l’habitation, l’homme se montre très menaçant, il a une épée en main et se dirige vers les deux policiers alors que ceux-ci lui ont demandé de poser son arme. Le Hutois n’a pas répondu aux injonctions. Le policier, se sentant menacé, n’a d’autre choix que de sortir son arme et tirer. À deux reprises, touchant le Hutois au bras puis à l’abdomen, le blessant mortellement.

Hier mardi, la chambre du conseil devait statuer sur le dossier. Elle devait décider de renvoyer ou non le policier devant le tribunal correctionnel. Le non-lieu, c'est ce qu'avait plaidé la défense, par la voix de Me Alexandre Wilmotte, mais aussi ce qu'avait requis le parquet. "On a plaidé ce matin, mon client était présent, expliquait hier Me Wilmotte. La position du parquet allait dans le sens du non-lieu."

Si le policier espérait le non-lieu et donc que l'affaire s'arrête là pour lui, "ça a quand même été difficile à vivre pour lui, car il y a quand même eu une enquête pénale. Mais cela va lui permettre de tourner la page sur cet événement." Le policier restera néanmoins marqué par ce qui s'est passé. "Même s'il sait qu'il n'avait pas d'autre choix que de tirer, car c'était lui ou l'autre. Tout s'est passé très très vite et il s'est vu mourir, il l'a dit lors de son audition. Il a pensé à sa famille et tout cela se joue en quelques fractions de seconde. Il devait réagir. Sinon il aurait été frappé à la tête. Car l'épée n'était pas un petit objet." Si le policier a repris le travail trois semaines après les faits, ceux-ci le marqueront à vie. "Et cela rappelle combien ce n'est pas facile d'être policier. On ne se rend pas compte à quel point les policiers mettent leur vie en danger dès qu'ils sortent." Le policier hutois, à l'époque des faits, a été bien soutenu par sa hiérarchie. "Il a des états de service irréprochables, tout allait dans le même sens pour constater que la légitime défense était établie."

Le non-lieu, c’est ce qu’espérait la défense. Hier soir cependant, Me Wilmotte attendait toujours la décision.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be