Charlie Chaplin, génie en musique, mis en lumière à l’OPRL

L’OPRL dirigé par Dirk Brossé invite à découvrir ses plus grandes musiques de films le samedi 21 janvier à 20 heures.

Charlie Chaplin
Charlie Chaplin ©S.A.S._CITY LIGHTS

L’OPRL, dirigé par Dirk Brossé, invite à découvrir ses plus grandes musiques de films, arrangées pour orchestre symphonique et interprétées sur des extraits de films célèbres et des images d’archives inédites. Le samedi 21 janvier, à 20 heures, la série OPRL + met en lumière le savoir-faire musical du plus grand maître du cinéma muet : ­Charlie Chaplin.

­Il fut véritablement un homme-orchestre. Acteur, producteur, réalisateur, scénariste, le roi du cinéma muet était aussi un compositeur chevronné qui écrivit la musique de la plupart de ses films. La musique est d’ailleurs une passion familiale : ses parents sont deux vedettes (mineures) du music-hall londonien, qui traînaient leur fils à tous leurs spectacles faute d’avoir les moyens d’engager une baby-sitter. Adolescent, Chaplin joue en autodidacte du piano, du violon et du violoncelle (son instrument de prédilection) et nourrit le rêve de devenir un musicien professionnel avant d’être finalement “happé” par le cinéma. Il tourne ses premiers films dès 1914 et crée la même année le personnage de Charlot qui apparaît pour la première fois dans Kid Auto Races at Venice (Charlot est content de lui).

Une musique omniprésente

À l’époque, la musique est omniprésente au cinéma, alors même que les films sont qualifiés de “muets”. Initialement, des pianistes improvisent en direct pour couvrir le bruit des projecteurs ; ils exécutent des schémas musicaux qui suivent leur propre logique rythmique et tonale sans coller aux images sur l’écran. Puis la nécessité de commenter l’action se fait sentir, et la musique est fixée sur des supports écrits, les fameuses “conduites sonores” (cue sheets), distribuées par les compagnies aux orchestres de salles de cinéma afin de coller parfaitement aux images.

Lorsqu’il devient le producteur de ses propres films, Chaplin entend gérer le processus de création dans les moindres détails et suit de près le travail de ses arrangeurs. L’avènement du cinéma parlant, en 1927, ne séduit pas Chaplin. Ses personnages resteront muets jusqu’en 1940 ; en revanche, il peut désormais composer ses propres musiques pour les bandes originales de ses films, ce qu’il fait dès 1931 avec Les Lumières de la ville, produisant pour son premier coup d’essai 82 minutes de musique, un exploit pour un homme qui ne sait ni lire ni écrire une partition !

Sa méthode de travail est simple : Chaplin joue ses mélodies au piano, au violon ou les fredonne, ses collaborateurs les transcrivent avant de réaliser les arrangements et orchestrations nécessaires. Le cinéaste met un point d’honneur à ne pas surligner musicalement les gags de Charlot, il refuse l’effet du mickeymousing (un bruitage très littéral, la marque de fabrique des studios Disney) comme il le déclare dans son autobiographie : “Je m’efforçai de composer une musique élégante et romanesque pour accompagner mes comédies par contraste avec le personnage de Charlot, car une musique élégante donnait à mes films une dimension affective. ”

Chaplin a édité ainsi une vingtaine d’airs et composé près de 15 heures de musique. Certaines seront des standards intemporels comme Smile (Les Temps modernes), Terry’s Theme (Les Feux de la rampe) ou This is My Song (La Comtesse de Hong-Kong). En parallèle à deux Oscars d’honneur, le seul Oscar que Chaplin remporte est celui de la meilleure musique de film, en 1973, pour la réédition des Feux de la rampe. Dans des cas plus rares, le cinéaste emprunte quelques pages célèbres des compositeurs du passé : Le vol du bourdon de Rimski-Korsakov, dans La Ruée vers l’or, ou la Cinquième Danse hongroise de Brahms, dans la célèbre scène de rasage du film Le Dictateur. Dans tous les cas, il superpose avec génie les images sur la musique… ­

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