Roland Jost condamné à 18 mois de prison et une amende

La nouvelle transaction entre le parquet fédéral et le transporteur Roland Jost a été homologuée.

 -
©BELGA

La nouvelle transaction entre le parquet fédéral et le transporteur Roland Jost a été homologuée, rapporte mardi L'Echo. C'est la fin de cette emblématique affaire de dumping social.

Après avoir, en octobre dernier, recalé une première convention de transaction entre l'entrepreneur et le parquet fédéral, le tribunal de 1re instance de Liège a donné son aval à la seconde.

Après cette homologation, Roland Jost est donc condamné à une peine de 18 mois de prison avec sursis, ainsi qu'une amende de 4,8 millions d'euros, dont 200.000 euros ferme. Si M. Jost devait récidiver dans les trois ans à venir, il devra payer 4,6 millions d'euros. La première convention, qui prévoyait trois ans de prison avec sursis, avait été rejetée par un premier juge au motif qu'aucune amende n'était prévue.

Il s'agit donc de la fin de l'affaire Jost, née en 2017, dans le sillage d'une vague de contrôles dans le milieu belge des transporteurs. L'entrepreneur avait séjourné un temps en détention et 240 de ses camions avaient été saisis par la justice.

Début 2022, Jost Group, la société de Roland Jost, avait transigé avec le parquet pour le versement de 30 millions d'euros, après avoir embauché un millier de travailleurs issus des pays de l'Est via une société roumaine "boîte aux lettres", au détriment de l'ONSS.

Ceci dit, pour la CSC Transcom, cette homologation est un mauvais signal ! “Condamner avec sursis quelqu’un qui n’a jamais cessé ses pratiques répréhensibles équivaut à l’encourager à poursuivre”, estime Ludovic Moussebois, permanent CSC-Transcom Liège-Verviers.

A la connaissance de la CSC Transcom, les faits pour lesquels Roland Jost est aujourd’hui condamné sont des faits antérieurs à 2017. “Qu’en est-il des dossiers encore ouverts puisque depuis lors la société Jost continue d’amener des chauffeurs des pays de l’Est. La CSC Transcom n’est pas contre la libre circulation des travailleurs pour autant que ceux qui travaillent en Belgique ou à partir de la Belgique soient payés aux conditions salariales belges (cotisations sociales, salaires...). On peut se demander quand la justice va réellement sanctionner cet esclavagisme moderne. 200 000 € ferme sur 4,8 millions d’amende ne font certainement pas réfléchir outre mesure… Tant que la justice ne condamnera pas ces pratiques fermement, le dumping social ne cessera pas !”

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be