La cour d’assises de Liège a condamné lundi après-midi Mokhtar Ammari, un Liégeois âgé de 57 ans, à une peine de 25 ans de prison pour l’assassinat de son épouse le 10 février 2019 dans leur appartement de Fléron.

Fatima Khayer, âgée de 48 ans, avait été tuée de 23 coups de couteau. M. Ammari avait ensuite tenté de se suicider en ingérant des produits toxiques. Mokhtar Ammari et Fatima Khayer s’étaient mariés au Maroc puis le couple s’était installé en Belgique, où ce Liégeois de 57 ans réside depuis plus de 40 ans.

Fatima Khayer avait manifesté sa volonté de se séparer de Mokhtar Ammari mais craignait la réaction de son mari, qui avait déclaré à plusieurs reprises qu’il allait la tuer.

Lors des débats, Mokhtar Ammari avait contesté la préméditation, affirmant qu’une nouvelle dispute avait éclaté entre lui et son épouse le jour des faits. Il disait avoir tenté de calmer sa compagne avant de lui porter des coups de couteau.

Le jury avait déclaré M. Ammari coupable de assassinat, estimant que la préméditation est établie sans nul doute raisonnable. Le jury a notamment relevé dans la motivation de sa décision que Mokhtar Ammari avait annoncé à plusieurs reprises qu’il allait tuer son épouse.

La veille des faits, l’homme avait, après une dispute avec sa compagne, quitté le domicile pour rejoindre une ex-épouse. Il avait par ailleurs reconnu devant le juge d’instruction vouloir tuer sa compagne. Tous ces éléments laissaient penser aux jurés que M. Ammari avait prévu de tuer son épouse et de se suicider ensuite.

La substitute Christine Pevée avait requis contre Mokhtar Ammari une peine de 30 ans d’emprisonnement. Le ministère public avait souligné l’extrême gravité des faits et leur caractère égoïste. “Mokhtar Ammari a commis un crime de possession. Il a considéré qu’il était hors de question que sa femme le quitte et puisse vivre”, avait-elle indiqué.

Les avocats de Mokhtar Ammari, Me Philippe Zevenne et Me Alexandre Wilmotte, avaient plaidé pour une peine plus légère en évoquant le trouble dépressif de leur client et sa personnalité fragile.