À Verviers, les terribles inondations de la mi-juillet ont laissé des cicatrices profondes. Ce sont plus d’une soixantaine de bâtiments communaux et infrastructures qui ont été ravagés. Écoles, églises, musées, voiries, ponts…. Les chantiers pour redresser Verviers sont colossaux mais la volonté de la Ville est claire : la relève sera de haute qualité.

"Nous sommes dans une société de l’immédiateté", dit Muriel Targnion, bourgmestre. "Mais si, demain, on veut répondre à l’appel de la majorité des Verviétois, nous devons reconstruire la ville de manière résiliente. Nous souhaitons tous une ville plus belle, plus verte, et qui fait face aux futurs enjeux climatiques, comme les inondations et les canicules."

Si les premières interventions ont déjà été opérées pour les écoles et certaines voiries (lire par ailleurs), c’est aujourd’hui le chapitre de la rénovation des ponts communaux sinistrés qui peut s’ouvrir. "Nous avons mené une grande réflexion sur les ponts, poursuit Muriel Targnion. Notre souhait était de les voir s’uniformiser, dans les garde-corps, les mains courantes, les profils. Nous devions faire appel à un auteur de projet qualifié pour repenser ces infrastructures."

Subsides régionaux

Ce jeudi, la Ville de Verviers a pu présenter son vaste plan d’action, réalisé en collaboration avec l’auteur de projet SEA + Partners, pour restaurer les infrastructures endommagées. Au total, il faut donc rénover, tout ou en partie, onze ponts et passerelles, le long du tracé de la Vesdre, de l’amont à l’aval : les ponts de Nasproué, de Renoupré, de l’Épargne, Marie-Henriette, de la Dardanelle (rue Hombiet), la passerelle Jean Roggeman (cour Fischer), les ponts des Récollets (rue Spintay) et du Chêne, la passerelle Sauvage (rue Francomont), et les ponts Francval et de la Raye.

Des rénovations estimées à 4,8 millions d’euros et subsidiées à 90 % par la Région wallonne. Ces chantiers seront vastes et parfois longs. En fonction des pans administratifs, les travaux, qui pourront s’effectuer sur plusieurs ponts en même temps, démarreront au printemps prochain et s’achèveront en décembre 2022.

"Il va falloir intervenir sur les ponts à des degrés divers", explique Vincent Servais, gérant de SEA + Partners et ingénieur civil. "Le but était de trouver un fil conducteur à toutes ces infrastructures, de les lier. Nous voulons que la lecture des ponts soit la même."

Les ingrédients communs sont notamment une intégration des impétrants, des mains courantes en bois, des garde-corps en acier, des treillis en inox et de l’éclairage LED. "Nous offrirons ainsi un ensemble cohérent, pur, transparent, qui permettra aussi de rétablir un rapport à l’eau", avance Vincent Servais.

Les onze ponts et passerelles ont été étudiés en profondeur. Selon les résultats, le constat a été clair : certaines infrastructures auront besoin de légères interventions mais d’autres devront être liftées en profondeur, voire remplacées.

Les quatre plus gros chantiers concerneront les ponts de Nasproué, de la Dardanelle, Francval et de la Raye. En ce qui concerne ce dernier, situé le long de la nationale entre Ensival et Pepinster, une solution provisoire a déjà été aménagée pour permettre aux habitants de ne pas être coupés du monde. À Ensival, le pont Francval représente "la situation la plus lourde", affirme Vincent Servais. "On va y faire quelque chose de simple et d’assez discret".

Plus petite échelle

Les ponts de l’Épargne et Marie-Henriette, pour leur part, subiront des travaux de moyenne envergure. Du côté de la rue Marie-Henriette, par exemple, "on va travailler sur la croûte supérieure, nettoyer et enlever l’excédent des impétrants", précise l’ingénieur civil. "Là aussi, on sera dans la transparence pour retrouver une vraie vue sur la Vesdre".

Les autres ponts et passerelles seront rénovés à plus petite échelle. Le pont du Chêne, notamment, sera "déshabillé car son habillage n’a pas supporté les inondations. On va mettre en évidence sa structure".

Parmi les structures communales qu’il faudra rénover par la suite, il restera la passerelle qui relie les rues Robert Centner et Béribou. Une étude doit encore être réalisée pour envisager ce qu’il en sera.

Enfin, et cela concerne la Région wallonne cette fois, il restera à rénover le pont Parotte.

Raphaëlle Gilles