Ce jeudi, les inspecteurs vétérinaires de l’UBEA ont sollicité les ASBL Animaux en Péril, le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal afin de prendre en charge six bovins gravement maltraités au sein d’une exploitation agricole de Heusy.

Dès l’arrivée sur les lieux, le ton est donné : les équipes des refuges découvrent une ferme aux allures de dépotoir. Accueillis par les inspecteurs de l’UBEA et les agents de police à l’extérieur de la propriété, les membres des associations ont peine à imaginer que des bovins soient détenus sur place tant les bâtiments sont vétustes. Aux abords de cette ferme, de nombreux détritus et matériels agricoles s’accumulent dans la boue. Les intervenants du jour ont dû construire une passerelle, faite de palettes trouvées sur les lieux, pour faire passer les bovins hors de l’exploitation et les conduire jusqu’aux vans des refuges.

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En apercevant le lieu de vie des bovins, les équipes sont atterrées : il s’agit d’une annexe presque fermée où règne une odeur pestilentielle. Les animaux ne bénéficient d’aucune lumière naturelle et sont solidement attachés au mur du bâtiment. Ils piétinent avec difficulté une litière misérable, où les déjections s’accumulent depuis déjà un certain temps. La crasse indescriptible n’avait d’égal que la misère des animaux. Privés du minimum vital, les vaches et taureaux ne reçoivent pas de nourriture en suffisance et n’ont plus une seule goutte d’eau à disposition.

Malheureusement, l’état de faiblesse extrême de certains veaux a entraîné plusieurs chutes. Affaiblis et ankylosés par une station statique permanente, ils tombaient sur les genoux après chaque pas, alors que quelques mètres les séparaient des véhicules venus les prendre en charge.

Pénal

L’absence de soin a causé une grave infestation de parasites internes, qui doit être traitée en urgence. Le manque d’eau dans le lieu de détention a entraîné une sérieuse déshydratation, menaçant la vie des animaux.

Une fois arrivés dans les différents refuges, les animaux vont pouvoir enfin être alimentés en fonction de leurs besoins.

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Tous les bovins sont pour le moment placés en quarantaine, dans les installations des différentes ASBL, en attendant d’être entièrement débarrassés de leurs parasites. Ils se rétabliront petit à petit afin de pouvoir enfin sortir au printemps à l’air libre.

L’UBEA a dressé un procès-verbal pour infraction au Code Wallon du Bien-être animal. Le propriétaire pourra être poursuivi au pénal ou administrativement. Il risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros.