Une exposition de saison est actuellement accessible en l’église Saint-Remacle-au-Pont, à Liège.

Si Noël reste la fête chrétienne la plus connue, elle doit une bonne partie de son aura à l’attractivité qu’exerce aux quatre coins du monde et depuis des siècles, la représentation de ce petit homme emmailloté dans une mangeoire !

Après le remarquable succès de l’exposition de crèches espagnoles mise sur pied en 2016 dans le cadre du 300e anniversaire de la reconstruction de l’église, la Fabrique d’Église Saint-Remacle-au-Pont de Liège propose une exposition retraçant l’histoire de la Nativité dans nos régions, de 1600 à nos jours, racontée à travers plus de 150 crèches et nativités, des plus insolites (dans un arrêt de bus), aux plus mignonnes ou dans une grande fresque matinée de l’accent provençal…

Un peu d’histoire

Cette exposition est avant tout le fruit du travail d’un artiste et d’un collectionneur averti, Michel Vincent. Passionné d’histoire, il laisse parler la connaissance de l’étudiant qu’il fut aux Beaux-Arts de Liège, son âme de chercheur créchiste et plus encore de figuriste ou santonnier formé par un des Meilleurs Ouvriers de France.

"Cette exposition", souligne-t-il, "donne la possibilité de renouer avec les nombreuses traditions qui ont fait la richesse et la typicité des Noëls d’autrefois jusqu’à l’apparition des santons wallons. Elle s’adresse à un public de tous âges, chacun y trouvera sa lecture. Ce sera une approche artistique ou technique pour certains, l’évocation plus spirituelle pour d’autres voire un Noël nostalgie."

Le théâtre des mystères médiévaux constitue un terreau de réflexion pour la tradition du bercement de l’Enfant Jésus dans les maisons religieuses. On retrouve les traces de cette coutume à Liège au XVe siècle au Béguinage Saint-Christophe.

À l’aube du XVIIe siècle, la crèche est présente dans nos régions même si les ensembles à usage domestique mettront un certain temps à se répandre. En effet, Noël se déroulait dans l’intimité familiale, autour du folklore. C’est surtout à l’église et accompagné des enfants que se visitaient les crèches.

Le XIXe siècle voit l’arrivée de productions plus importantes grâce aux figuristes toscans qui s’installent dans les grandes villes du pays. Ils inondent églises et particuliers de statues en plâtre dont les modèles varient peu. Et on retrouve la représentation de l’Enfant Jésus dans quantité d’objets de la vie quotidienne : vaisselle, taques de cheminées ou bénitiers.

Dans la vallée mosane, Andenne se spécialise dans des statues religieuses en porcelaine, le biscuit prenant sa place à partir de 1860 ; certaines de ses œuvres rivalisant avec le Sèvres. Mais dès 1885, les derniers ateliers ferment leurs portes. Saxe et Bavière leur succéderont avec des productions en porcelaine jusqu’au premier conflit mondial.

En savoir plus  : Crèches d’amon nos-ôtes jusqu’au 2 février à l’église Saint-Remacle, rue d’Amercoeur 22, à Liège. De 14 à 18 h le week-end, les 24 et 25/12 et le 1er janvier. Visite guidée samedi à 16 h. PAF : 5 € et de 6 à 12 ans : 2 €.