L'avocat et professeur à l'Université de Liège Roman Aydogdu, accusé par l'homme d'affaires français Bernard Tapie d'avoir empoché une commission sur la vente d'une villa située à Saint-Tropez dans le cadre de la liquidation des sociétés de son groupe, dément toute escroquerie judiciaire, a-t-il fait savoir jeudi. M. Aydogdu contredit ce qu'il désigne comme "la pièce maîtresse" de Bernard Tapie dans sa stratégie médiatique. "Je n'ai perçu à ce jour aucune rémunération pour le mandat de liquidateur judiciaire que m'a confié le tribunal, en dépit des centaines d'heures de travail effectuées depuis le début de ma mission", témoigne-t-il.

"D'autre part, depuis plus de six mois, ce n'est plus moi, mais trois autres mandataires de justice, curateurs, qui sont chargés de la vente de la villa et seront rémunérés à cet effet, dans le respect de la loi", poursuit-il.

Le tribunal de l'entreprise de Liège a par ailleurs déjà rejeté ces accusations, qui se retrouvent pourtant "à l'identique dans la presse", souligne l'avocat. Le tribunal a pour sa part publié un communiqué pour exprimer son soutien à M. Aydogdu, souligne ce dernier.

L'avocat affirme que Bernard Tapie l'avait averti, en présence d'un huissier de justice assermenté. "Je vais faire votre portrait dans la presse. Je vais dépenser toute mon énergie pour vous faire disparaître", avait, selon M. Aydogdu , indiqué l'homme d'affaires le 16 juin dernier en guise de menace.

Le professeur ajoute que Bernard Tapie a bien pris part à la procédure judiciaire, contrairement à ce qu'il affirme.

L'homme d'affaires a déposé plainte contre M. Aydogdu pour "escroquerie au jugement" commis sur les territoires belge et français, rapportait Le Soir jeudi. M. Aydogdu aurait, selon le Français, lancé en catimini une procédure à Liège visant notamment à liquider une société luxembourgeoise, dont l'unique vocation était de gérer une villa de quelque 70 millions d'euros situé à Saint-Tropez, où Bernard Tapie réside souvent.

Il aurait dans le même temps, toujours selon Bernard Tapie, manœuvré en coulisses pour gagner du temps et liquider le bien avant qu'une procédure française ayant le même objectif n'aboutisse. Selon les calculs des avocats de Bernard Tapie, M. Aydogu aurait ainsi perçu une commission de près de 800.000 euros sur une vente à 70 millions.