L'homme d'affaires liégeois François Fornieri a quitté l'établissement pénitentiaire de Marche ce mercredi. Il est libéré sous conditions.

La chambre du conseil avait rendu son ordonnance mardi après-midi : François Fornieri, qui était incarcéré en détention préventive à la prison de Marche, a pu bénéficier d'une remise en liberté sous conditions strictes. "Nous apprenons avec soulagement que la chambre du conseil a ordonné la libération sous conditions de notre client", indiquait, mardi, Me Philippe Culot qui assure la défense de l'homme d'affaires liégeois, aux côtés de Mes Georges-Albert Dal et Marc Dal.

Pierre Meyers a connu, mardi, semblable destinée.

Les deux hommes ont été photographiés, ce mercredi, au sortir de la prison de Marche, par l'agence Belga.

Pierre Meyers, à gauche © Belga

Stéphane Moreau serait combatif tandis que Pol Heyse serait dans un état de désarroi

Le parquet a par contre requis un renouvellement du mandat d'arrêt à l'encontre de Stéphane Moreau et Pol Heyse, apprend-on ce mercredi en début d'après-midi.

Les avocats de Stéphane Moreau et Pol Heyse ont effet au préalable demandé la levée des mandats d’arrêt devant la chambre du conseil de Liège et la libération sous conditions. Pour rappel, les inculpés sont au centre d’une enquête de soupçons d’abus de biens sociaux et de détournements par personne exerçant une fonction publique. L’enquête menée sous la houlette du juge Freney a mis au jour d’importantes rémunérations de l’ordre de plusieurs millions d’euros touchées par certains des managers de Nethys. L’audience devant la chambre du conseil a duré près de trois heures. Les avocats de la défense ont plaidé la libération sous conditions de leurs clients. "Monsieur Moreau a salué l’objectivité du juge d’instruction", a indiqué Me Adrien Masset, l’avocat de Stéphane Moreau. "Le parquet fédéral sollicite le maintien sous mandat d’arrêt pour des risques de collusion. Une quarantaine de personnes doivent encore être entendues. C’est donner beaucoup de pouvoir que de penser que Monsieur Moreau pourrait les influencer. Je ne pense pas que les personnes qui doivent être entendues aient envie de rencontrer ou d’entrer en contact avec Monsieur Moreau pour le moment."

Me Masset, avocat de Stéphane Moreau
Me Masset, avocat de Stéphane Moreau © Belga

Le dossier est déjà particulièrement volumineux. Stéphane Moreau serait dans un bon état d’esprit. "Il est combatif. Il a bien expliqué la manière les évolutions de l’ancienne intercommunale ALE avec un projet industriel. Il n’était pas question de détourner le décret mais bien d’évoluer vers une solution proposée par des conseils spécialisés en droit social et avalisés par le CNR, le conseil d’administration et vérifié par des sociétés d’audit. Il y a des éléments puissants qui démontrent que l’on n’a pas voulu monter une usine à gaz."

L’inculpé conteste tous les faits. La défense de Pol Heyse a également demandé à ce que son client soit libéré. "Nous avons demandé que ce mandat d’arrêt ne soit pas renouvelé", indiquent Mes Jean-Pierre Buyle et Me Thomas Metzger, à la défense de Pol Heyse. "Notre client conteste les faits qui lui sont reprochés. En ce qui concerne les éléments de droits nous pensons qu’il n’y a aucun élément qui fassent craindre à des risques de collusion ou de disparition de preuves." La défense a demandé de nouvelles auditions. "Nous avons demandé que d’autres personnes soient interrogées, c’est-à-dire les vrais décideurs. Les femmes et les hommes politiques qui étaient là au moment où les décisions ont été prises puisqu’il apparait maintenant du dossier que la plupart des décisions dont on parle on été validées, suggérées, recommandées, selon les cas, par différents hommes et femmes politiques de la région de Liège. Je ne vais pas rentrer dans les détails des noms. Le dossier n’est pas fini, il y a encore de vraies zones d’ombres du côté des vrais décideurs."

Les avocats de Pol Heyse ont signalé que leur client était dans un « état de désarroi », à la suite de son incarcération. L’ordonnance devrait tomber ce mercredi après-midi ou demain.